La place Dauphine
La place Dauphine, sous Henri IV, par Chastillon - Source Wikipédia.
La place Dauphine et le pont Neuf en 1615, sur le plan de Mérian.
Source Wikipédia La place Dauphine vers 1806 - Source Gallica.

M. THIERY, Guide des amateurs et des étrangers voyageurs à Paris, tome 2, Paris, Hardouin et Gattey, 1787, p. 14 :
« La réunion des îles aux Treilles et de Bucy à celle du Palais, lors de la construction du Pont-neuf à la fin du quinzième siècle, ayant produit un grand terrain vague, Henri IV conçut en 1608 le projet d'y former la place que l'on voit aujourd’hui, à laquelle il donna le nom de Dauphine en mémoire de la naissance de Louis XIII. Cette place, de forme triangulaire, n’a que deux ouvertures ; l'une dans le milieu de la base de ce triangle, et l'autre vis-à-vis, dans l'angle du côté du Pont-neuf. Les maisons qui en font l'enceinte, étaient originairement uniformes, et bâties de briques avec cordons de pierre, mais les propriétaires actuels se sont affranchis de cette uniformité, lors des reconstructions, et bâtissent à leur fantaisie, ce qui ne devrait pas être toléré. »

Avec cette place, Henri IV a désiré une seconde place royale, après la place Royale, place à laquelle il donne le nom du Dauphin, marquant en cela que la dynastie continue. La construction du Pont-neuf, entre 1578 et 1607, est à l’origine du remblaiement de trois petits îlots – l’îlot du Passeur-aux-Vaches, l’île du Patriarche et l’île aux Juifs – et de leur rattachement à l’île du « Palais » (ou île de la Cité).

En 1607, c’est un fidèle du roi, le premier président à mortier du Parlement de Paris, Achille de Harlay, qui reçut du roi la mission d’aménager la place et de lotir les terrains qui l’entourent en y construisant – conformément aux idées du roi et de Sully, comme pour la place Royale – des bâtiments uniformes, à deux étages, couverts d’ardoise et formant des arcades en rez-de-chaussée pour abriter des commerces. Les matériaux utilisés devaient être en brique et les ornements en pierre. Harlay bâtit lui-même trente-deux maisons en respectant les consignes royales et vendit des terrains avec les mêmes servitudes.

Après la mort du roi en 1610, les propriétaires s’autorisèrent des libertés dans les plans. Les destructions et reconstructions du XVIIe siècle s’affranchirent complètement du projet initial, ce que note d’ailleurs Thiéry. Il ne reste aujourd’hui que deux bâtiments et un passage d’origine, face au Pont-neuf. Les maisons du troisième côté ont été démolies au XIXe siècle pour construire la façade du Palais de Justice, sur la rue Harlay. C’est ce côté qui est aujourd’hui ombragé par une rangée d’arbres.
     Ce qui reste de l'ancienne place Dauphine