L'hôtel de Lionne-Pontchartrain

Hôtel de Lionne. Contrôle général des finances.  

© Ministères de l’économie et du budget – SAEF "Un ministère dans la ville"

Rue Neuve-des-Petits-Champs,
à l'emplacement de l'hôtel de Lionne.

 

GERMAIN BRICE, Description nouvelle de la ville de Paris, Paris, Nicolas Le Gras, 1698, tome I, p. 290 :
« L'hôtel de Lionne, bâti par Hugues de Lionne, Secrétaire d'État pour les Affaires étrangères, & l'un des plus habiles hommes de son temps dans les négociations délicates.
Il fit élever cette Maison de fond en comble, sur les desseins de Le Vau, qui n'oublia rien pour répondre à l'attente que l'on avait conçue de lui. Les dedans de la cour sont ornés d'architecture, & le fond particulièrement est terminé par une espèce de portique, formé par quatre colonnes doriques. Mais on ne trouve pas que la grande porte réponde à tout le reste ; ce que l'on doit imputer au mauvais goût de celui qui après la mort de le Vau en a donné le dessin, qui n'était pas fort versé dans l'Architecture. Cette Maison est à présent occupée par François Annibal Duc d'Estrées, qui avait épousé en premières noces Madeleine de Lionne, fille du Secrétaire d'État ; il y demeure avec César Cardinal d'Estrées son oncle. »    

Conçu par Le Vau, l’hôtel de Lionne-Pontchartrain avait en effet été construit en 1661 pour le marquis Hugues de Lionne, qui était le ministre des affaires étrangères de Louis XIV. Cet hôtel, aujourd’hui disparu, se situait alors rue Neuve des Petits-Champs, occupant presque tout l’espace compris entre la rue Gaillon et la rue Sainte-Anne, sur laquelle il donnait et qui prit en conséquence pendant quelques années le nom de rue de Lionne.

À la mort du marquis, en 1682, l’hôtel devint la propriété du duc d’Estrées, qui y conserva les célèbres globes de Coronelli.

En 1703, l’hôtel fut acheté par le chancelier Louis Phélypeaux, comte de Pontchartrain, et la décoration en fut confiée à Hardouin-Mansart. Notons pour l'anecdote que Rousseau vint loger en décembre 1746 face à l'hôtel, dont le cadran lui donna l'idée d'essayer pendant plus d'un mois d'apprendre les heures à sa compagne, Thérèse Levasseur.

En novembre 1747, Louis XV l’acquit, cédant comme contrepartie l’hôtel des Ambassadeurs extraordinaires, rue de Tournon, à la famille Pontchartrain. Il désirait faire de l’hôtel une résidence pour les ambassadeurs extraordinaires.

En 1756, l'hôtel changea encore de destinataire et fut attribué à François Marie Peyrenc de Moras, Contrôleur général des finances. En 1770, Pigagnol de la Force signale qu'il était orné d’un marbre où on lisait Hôtel du Contrôleur Général (Description historique de la ville de Paris, Paris, chez Humaire, 1770, tome 3, p 51).

En 1791, l’hôtel devint le siège du ministère de l’intérieur car le ministre Antoine Valdec de Lessart était à la fois ministre des finances et ministre de l’intérieur. Il redevint cependant le siège du ministère des finances en 1795 jusqu'à sa démolition en 1824, date à laquelle le quadrilatère compris entre les rues Gaillon, Neuve de Saint-Augustin, Sainte-Anne et Neuve des Petits-Champs fut acheté par les frères Mallet et Lemercier de Nerville. Ces banquiers firent raser toutes les constructions qui s'élevaient à cet emplacement. Ils envisageaient de percer une rue dans le prolongement de la rue Ventadour et de l’encadrer par deux passages. Ils ne conservèrent qu'une partie de l’hôtel de Gesvres, dont le porche constitua l'entrée du passage de Choiseul.

L'entrée du passage Choiseul,
à côté du n° 42 de la rue Neuve-des-Petits-Champs.

L'ex-passage Saint-Anne,
raccordé en 1829 au passage Choiseul. 

Ce passage fut ouvert aux piétons en 1827. Le second passage fut commencé, mais jamais fini, remplacé par un immeuble à la fin du XIXe siècle. Quant au passage Sainte-Anne, percé à travers le couvent des Nouvelles Catholiques, il fut raccordé en 1829 au passage de Choiseul.