L'hôtel de Beauvais

 

M. THIERY, Guide des amateurs et des étrangers voyageurs à Paris, tome I, Paris, Hardouin et Gattey, 1787, p. 707-708 :
« L’église que l’on trouve sur la droite en descendant la rue Saint-Antoine était jadis occupée par des chanoines réguliers, réunis et admis depuis quelques années dans l'Ordre de Malte, qui a établi dans cette église un petit chapitre, avec un Prieur-Chefcier, destinés à l'acquittement des fondations. [...] L'hôtel de Beauvais qui-est vis-à-vis, a été bâti sur les dessins de Le Pautre. »

L’hôtel construit par Le Pautre en 1654 a succédé à une maison du XIIe siècle, dont subsistent les caves gothiques et une chapelle souterraine. L’hôtel était destiné à Catherine Bellier, première femme de chambre de la reine Anne d’Autriche et confidente proche, qui a épousé Pierre de Beauvais, un drapier enrichi et anobli. L’hôtel devait servir de résidence parisienne à Catherine, mais aussi de maison de rapport, les boutiques de la façade étant louées. L’hôtel entier fut par la suite loué à l’ambassadeur de Bavière, le comte Van Eyck, qui apparaît dans L'Homme au ventre de plomb. Ce dernier y organisait des salons de jeux et y accueillait des étrangers de passage à Paris, comme le jeune Mozart et sa famille en 1763. Bien national pendant la Révolution, l’hôtel devient un bureau des diligences. Il est ensuite transformé en appartements loués. Appartenant à une famille juive spoliée par le régime de Vichy, il est racheté par la ville de Paris en 1943 et continue d’être loué jusqu’aux années 1980. Restauré, il est depuis 2004 la Cour d’appel administrative de Paris.