L'archevêché
L'archevêché, dans Eugène Viollet-le-Duc,
Dictionnaire raisonné de l’architecture française
Louis Antoine de Noailles du XIe au XVIe siècle, tome 7, p. 17. Christophe de Beaumont du Repaire

 

M. THIERY, Guide des amateurs et des étrangers voyageurs à Paris, tome II, Paris, Hardouin et Gattey, 1787, p. 74-76 :
« Ce palais, situé au côté méridional de l’église cathédrale, a son entrée près le passage qui conduit au Pont-au-double. La porte de la première cour est décorée de deux colonnes ioniques, surmontées d'un fronton demi-circulaire. Dans les bâtiments de la droite, sont les salles des Officialités métropolitaine et diocésaine du bailliage de la duché-pairie de l'archevêché de Paris, la Chambre Ecclésiastique du diocèse, et la bibliothèque des avocats. On arrive à la seconde cour par une arcade pratiquée sous le bâtiment du Trésor, qui fait le fond de la première. Ce bâtiment présente une belle façade, tant du côté de la première que du côté de la seconde cour. [...] Le palais archiépiscopal forme l'équerre dans cette seconde cour. Il est dans une belle situation, sur le bord de la rivière : sa vue s'étend très loin du côté du levant et est fort agréable. Il doit son agrandissement à différents prélats qui ont gouverné l'Église de Paris, principalement au Cardinal de Noailles, qui y a fait faire de grandes augmentations et beaucoup d'embellissements en 1697. Feu M. de Beaumont du Repaire, dernier archevêque, y a fait bâtir, sur les dessins de M. Desmaisons, architecte du Roi et Chevalier de ses Ordres, le grand escalier, ouvrage estimé des connaisseurs. II a fait aussi réparer le principal corps de logis où sont de fort belles salles destinées à recevoir les seigneurs de la Cour, lors des Te Deum, ou autres cérémonies quelconques. Elles sont ornées des portraits des princes de la Maison de France. Le jardin de ce palais archiépiscopal est en terrasse sur la rivière. »

L’évêché de Paris, créé au IVe siècle, n’a qu’une importance relative dans le royaume, Sens ou Reims ayant un rôle primordial dans la partie nord. Si la dynastie capétienne, issue des comtes de Paris, donne à l’évêque de Paris une place de premier plan dans l’église du royaume, place renforcée par la création de l’Université au XIIIe siècle, il faut cependant attendre 1622 pour que le siège de Paris devienne un archevêché. Le pape Grégoire XV salue ainsi le rôle de Paris dans la contre-réforme catholique. En 1674, le roi Louis XIV renforce encore le pouvoir de l’archevêque en faisant de sa propriété de Saint-Cloud une duché-pairie, ce que mentionne Thiéry. Louis Antoine de Noailles, fils du premier duc de Noailles, est nommé archevêque par le roi en 1695. C’est lui qui a fait restaurer à ses frais le palais archiépiscopal. Fidèle à l’esprit du Concile de Trente, il fait imprimer des livres liturgiques, organise la vie dans les séminaires et fonde un hospice pour les vieux prêtres. En 1700, le pape Innocent III le fait cardinal. Opposé aux Jésuites, il n’accepte pas les propositions des Jansénistes même s’il hésite à les poursuivre, ce que Louis XIV n’approuve pas.

Né en Périgord en 1703, Christophe de Beaumont du Repaire, qui apparaît dans Le Fantôme de la rue Royale, est archevêque de Paris de 1746 à 1781. Il s’oppose violemment aux Jansénistes et doit quitter deux fois Paris sur l’ordre du roi Louis XV. Il s’oppose aussi aux philosophes, en particulier à Rousseau dont il condamne l’Émile.