Barrière de Vaugirard

M. THIERY, Guide des amateurs et des étrangers voyageurs à Paris, tome II, Paris, Hardouin et Gattey, 1787, p. 634-635 :
« Bureau de la barrière de Vaugirard. La décoration de ces bâtiments, est formée par des refends ronds, très prononcés, dont les assises sont alternativement hautes et basses. Un fronton embrasse toute la largeur de ces édifices, couronnés par un attique en arrière-corps. Le milieu de chacun offre un grand porche où l'on monte trois marches, derrière des colonnes sans bases qui portent une arcade, dont le centre prend au-dessus de la corniche. Deux guérites isolées terminent les murs de clôture, et appuient la grille qui ferme la rue. En continuant cette route, on arrive au village de Vaugirard. »

Paris est une ville ouverte à partir du règne de Louis XIV. Celui-ci, se méfiant des Parisiens, fit démolir en 1670 les enceintes médiévales et celle plus récente de son père Louis XIII, l’enceinte des Fossés jaunes. Avant 1784 et la construction du mur des Fermiers Généraux, il existe bien une limite fiscale mais elle n’est matérialisée que par quelques restants de muraille et des murs de planches. Il existe des octrois, les portes où sont perçus les droits de douane intérieure, l’ancêtre des impôts indirects. Lavoisier, pour arrêter la contrebande, décide en 1784 la construction d’une muraille plus efficace, le fameux mur des Fermiers généraux. Le mur a vingt-quatre kilomètres de long et il compte soixante barrières, où sont construits les bureaux de la perception par l’architecte Claude Nicolas Ledoux. Ce mur est détruit en 1860 lorsque Thiers construit une véritable enceinte militaire faisant de Paris une place-forte.