Saint-Pierre-des-Arcis
   
Saint Pierre des Arcis sur le plan de Bretez, dit de Turgot (1734-1739).

M. THIERY, Guide des amateurs et des étrangers voyageurs à Paris, tome II, Paris, Hardouin et Gattey, 1787, p. 52-53 :
« LA PAROISSE DE St. PIERRE-DES-ARCIS. Cette petite paroisse était originairement dépendante du monastère de Saint Eloi. M. Jaillot attribue l'étymologie de son surnom des Arcis, au mot arcisterium, usité dans la basse latinité pour aceterium, monastère, et employé également pour désigner l'abbaye et les lieux voisins qui en dépendaient, et en cela il est du même avis que 1’abbé Lebœuf. Cette église a été rebâtie en 1424 : on y a fait depuis différentes augmentations et réparations, et notamment un portail en 1702, élevé sur les dessins de Lanchenu, architecte.
Le maître-autel est décoré d'un beau tableau de Carle-Vanloo, représentant St. Pierre guérissant les boiteux à la porte du Temple. Le tableau du lavement des pieds est aussi du même artiste, celui de la Cène a été peint par Lafosse. II y a apparence que cette église fut érigée en paroisse vers l’an 1125. La maison curiale, située rue St. Eloi, cul-de-sac St. Martial, fut bâtie sur l'emplacement où était jadis l'église de St. Martial, démolie en 1722. Les paroissiens en ont été réunis à St. Pierre des Arcis, dont la cure est à la collation de l'Archevêque de Paris. »

 

 

Saint Pierre-des-Arcis fut à l’origine l'une des premières églises de Paris, dans l’île de la Cité, la ville romaine, rue de la Vieille-Draperie. Celle qui était visible au XVIIIe siècle avait été bâtie au Xsiècle et rebâtie au XVe. Il semble qu’il existait auparavant une église portant le nom de St. Pierre au même endroit et que des piliers étaient encore visibles dans les maisons mitoyennes. L’explication sur l’origine du mot Arcis donnée par Thiéry permet même d’envisager que la première église était celle d’un monastère implanté au centre de la Cité.

À la Révolution, l’église fut le lieu de réunion de la section révolutionnaire des Arcis. En 1800, les travaux entrepris pour aérer le centre de Paris furent à l’origine de la destruction de cette église, destruction qui permit d'ouvrir la rue de la Pelleterie actuelle.

 

 

 

Portail de Saint Pierre des Arcis, illustration de Paris à travers les âges [s.n.], p. 261 -  Source Gallica