La pompe de la Samaritaine

 

 

M. THIERY, Guide des amateurs et des étrangers voyageurs à Paris, tome 1, Paris, Hardouin et Gattey, 1787, p. 403-404 :
« A l'extrémité septentrionale du Pont-Neuf est le Château de la Samaritaine, bâti en 1712, sur les dessins de Robert de Cotte. Ce bâtiment, qui n'est qu'en charpente, et construit sur des pilotis, a été entièrement réparé, il y a quelques années. Il est composé de trois étages. Ce bâtiment renferme une pompe qui élève l'eau du bassin de la rivière, pour la distribuer ensuite, par des canaux, au Louvre, aux Tuileries, au Palais Royal et autres quartiers de la Ville. Cette machine fournit soixante pouces d'eau par minute. Sur la façade sont deux figures plus grandes que nature. L'une, faite par Bertrand, représente Notre-Seigneur ; et l'autre, la Samaritaine, par Frémin [René Frémin (1672-1744)]. Entre ces deux statues est une grande coquille qui reçoit l'eau de la pompe, d'où elle retombe en nappe dans le bassin de dessous, représentant le puits de Jacob. Au-dessus est un cadran, et sur le haut, une [sic] campanille de plomb doré, dont la lanterne renferme un carillon. Ce bâtiment, étant réputé Maison royale, a un gouverneur. »

La pompe de la Samaritaine, que Nicolas découvre lorsqu'il traverse la Seine pour la première fois, fut à Paris la première machine élévatoire d'eau. Le bâtiment avait été construit sous le règne d'Henri IV sur la seconde arche du Pont Neuf du côté du Louvre, sur les plans du Flamand Jean Lintlaër. Détruit en 1711, reconstruit de 1712 à 1719 par Robert de Cotte et rénové par Soufflot, il fut d'abord orné d'une horloge à jacquemart, puis d'un carillon.

La pompe fut démolie en 1813.

Ernest Cognacq, originaire de l’île de Ré, avait installé un étal de tissus sur l'emplacement de la Samaritaine : ce fut ce nom qu'il choisit pour le grand magasin qu’il fonda sur la rive en 1869.