Saint-Roch
 
 

M. THIERY, Guide des amateurs et des étrangers voyageurs à Paris, tome I, Paris, Hardouin et Gattey, 1787, p. 162-163 :
« Le Roi Louis XIV posa la première pierre de cette église, commencée en 1653, sur les dessins de Jacques le Mercier, premier architecte du roi, et finie sur ceux de Robert de Cotte. Le portail fut commencé en 1736, sur les dessins de Jules-Robert de Cotte, fils du précédent ; il est composé des ordres dorique et corinthien mis l’un sur l'autre. Les quatre pères de l'Église, ainsi que les armes du roi qui sont dans le fronton, sont de Francin. L'ordre d'architecture qui règne dans l'église est le dorique. Dans la seconde chapelle à gauche en entrant, est une sainte Élisabeth peinte par le Lorrain et le tombeau de Madame de la Live de Jully, par M. Falconnet, sculpteur du roi ; dans la troisième, une Nativité, par Le Moine ; dans la sixième, le martyre de Saint André, par Jouvenet et le tombeau d'André le Nôtre, par Coyzevox ; dans la dernière, un Saint François d’Assise, par Michel Corneille, et un petit monument en bronze pour le comte Ragony, par Charpentier : vis-à-vis est le tombeau du Maréchal d'Asfeldt, dont le médaillon, placé au bas d'une pyramide, est soutenu par un Génie en pleurs. Aux deux côtés de la principale porte du chœur, dont on doit admirer la superbe grille, sont deux chapelles décorées en marbre et dans le genre antique, sur les dessins de M. Coustou le jeune, architecte. Chacune est surmontée d'une statue : l'une, de M. Falconnet, représente Notre-Seigneur au Jardin des Oliviers ; l’autre, Saint Roch, par Nicolas Coustou. »

À la fin du XVIe siècle, un commerçant, Etienne Dinocheau transforme une chapelle en église dédiée à Saint Roch, le saint guérisseur originaire de Montpellier (Sant Ròc en occitan). L’église actuelle a été bâtie entre 1653 et 1722 sur les plans de Jacques Le Mercier. Ce sont en réalité six architectes, dont Jules Hardouin-Mansart, qui ont travaillé à la construction de cette église très vaste. Jules-Robert de Cotte ne termina la façade qu’en 1739. L’église fut pillée pendant la Révolution et ne retrouva qu’une partie de son riche mobilier.