Saint-Paul  
 
 
Église Saint-Paul-Saint-Louis, rue Saint-Antoine.
Dessin du XVIIe siècle. Source Gallica.
     
Fontaine de Birague, avant la construction de l'église Saint-Paul-Saint-Louis,
Israël Silvestre. Source Gallica.

 

M. THIERY, Guide des amateurs et des étrangers voyageurs à Paris, tome I, Paris, Hardouin et Gattey, 1787, p. 693-695 :
« Cette église, érigée en paroisse en 1225, n'était originairement qu'un oratoire bâti par S. Eloi, hors la ville, pour servir de sépulture aux religieuses de Sainte Aure, qui étaient où sont aujourd'hui les Barnabites. Devenue paroisse de nos rois lors de leur séjour à l’hôtel Saint-Pol et au palais des Tournelles, elle s'accrut considérablement. La maçonnerie lourde et massive de cette église, rebâtie et dédiée en 1451 et ses voûtes basses et mal éclairées, annoncent le peu de goût que l’on avait sous le règne de Charles VII. La menuiserie dorée dont est décoré le maître-autel a été faite sur les dessins de Jules Hardouin Mansard. [...] Les jours de fête, la nef est parée d'une belle tenture de tapisserie, or, argent et soie, représentant l’histoire de Saint Paul. [...] Le fameux Rabelais, mort le 9 avril 1553, a été inhumé dans le cimetière de cette paroisse. [...] La principale porte de cette église est dans la rue Saint-Paul, qui conduit au port de ce nom sur le quai des Célestins. »

Comme la plupart des églises de la capitale, l'église Saint-Paul a été érigée sur le lieu d'une petite chapelle cimetériale, appelée Saint-Paul-des champs parce qu'elle se situait hors de l'enceinte de la ville. Le lieu ayant attiré beaucoup de gens, la paroisse de Saint-Paul fut créée, sans doute dès la fin du XIe siècle. Charles V, qui s'était fait construire dans le voisinage le palais royal de Saint-Pol, la promut au rang de paroisse royale, ce qui entraîna une augmentation du nombre de paroissiens. On dut donc la reconstruire au XVe siècle et elle fut l'objet d'embellissements jusqu'en 1661.

Détruite en 1796, cette église de style gothique flamboyant dont parle Thiéry n’a cependant rien à voir avec l’église qui porte aujourd'hui le nom de Saint-Paul. Celle-ci, initialement église Saint-Louis, fut érigée au XVIIe siècle dans la même rue du Marais, pour et par les Jésuites. En 1580, le cardinal de Bourbon avait en effet cédé aux Jésuites l'hôtel d'Anville pour qu'ils y établissent un noviciat : il y avait fait construire des bâtiments et une chapelle dédiée à saint Louis. En 1627, on entreprit de la remplacer par l'église actuelle, construite selon les plans de pères jésuites, François Derrand et Marcel Ange.

Jusqu'à la moitié du XVIIIe siècle, la renommée des Jésuites attirait dans l'église les grands prédicateurs de l’époque, comme Bossuet et Bourdaloue, ainsi que les musiciens les plus renommés, tels Charpentier, Delalande et Rameau. Mais les Jésuites furent bannis de France en 1763 par le Parlement de Paris et leur ordre interdit en 1773. Leur maison fut alors donnée aux religieux du prieuré proche de Sainte-Catherine-du-Val-des-Écoliers et, pendant la Révolution, l'église fut pillée et affectée au culte de la Raison. En 1802, elle retrouva sa fonction d'origine, prenant le nom de Saint-Paul-Saint-Louis afin de rappeler l'ancienne église paroissiale Saint-Paul-des-Champs détruite en 1796. Cependant, lorsque l'ordre des Jésuites fut restauré, en 1814, ils ne purent reprendre possession ni de la maison, ni de l'église.