Rue Plumet

 

 

L'actuelle rue Oudinot (Google maps)

 

 

La rue Blomet sur le plan de Lattré en 1785

 

RENOU DE CHEVIGNÉ dit JAILLOT, JEAN-BAPTISTE-MICHEL, Recherches critiques, historiques et topographiques sur la Ville de Paris depuis ses commencements connus jusqu'à présent.. .par le Sr Jaillot, géographe ord. du Rois à Paris, Paris, M. Lottin aîné, 1775, volume 5, p. 32 :
« RUE BLOMET. Elle commence à la rue des Brodeurs , & aboutit au nouveau Cours. Sur les plans de la Caille & autres, elle est nommée Plumet : on lui donne le même nom dans les Lettres-Patentes, pour la continuation de la rue de Bourgogne, du 18 Février 1700 & dans les Inscriptions qu'on a gravées aux extrémités. Le véritable nom est Blomet ; dans tous les Titres de l'Abbaye, elle n'est indiquée que sous celui de Chemin de Blomet. »

Louis LAZARE, Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris,  Paris, F. Lazare,1844, p. 549 :
« C'était anciennement le chemin de Blomet. Un plan, levé par Jean Beausire le 27 mai 1720, l'indique sous la dénomination de rue Plumel. On a écrit depuis rue Plumet. »

Comme l'indiquent Jaillot et Lazare, la rue Plumet était à l'origine un chemin, appelé chemin de Blomet. Une ordonnance de police du 3 juin 1730 « prescr[ivait] aux propriétaires des maisons situées à des encoignures de faire remplacer à leurs frais les vieilles plaques de rues par des nouvelles, choisies en "pierre de lierre" (liais, i.e. calcaire très fin) d’un pouce et demi d’épaisseur » (Michèle Bimbenet-Privat, Ordonnances et sentences de police du Châtelet de Paris : 1668-1787, article Y 9498, n° 444). Cependant, on peut imaginer que l'ordonnance était appliquée sans excès de zèle. Aussi, l'ancien nom prévalait-il souvent : c'est pourquoi le plan de Lattré, qui date de 1785, fait apparaître la rue Plumet sous son ancien nom de rue Blomet.

Ce qui est intéressant dans le cas de cette rue, c'est qu'elle est devenue un lieu "littéraire". Balzac parle de cette rue dans La Cousine Bette (roman paru en 1846) mais c'est.grâce à Victor Hugo qu'elle devient célèbre. L'auteur des Misérables (roman paru en 1862) y loge Jean Valjean et Cosette. Son père y était décédé en 1828.

Dans La Pyramide de glace, c'est là que se situe la résidence officieuse du président de Vainal, « une petite maison, perdue au fond d’un grand jardin, qui tenait tout à la fois du relais de chasse et de la folie. » :

« S’en étant approchés, [Nicolas et Bourdeau] trouvèrent une grille munie d’une poignée servant d’évidence à sonner une cloche. Les policiers durent dissimuler leur surprise devant la splendeur des lieux. La modestie extérieure de la maison n’augurait en rien le luxe recherché de ce nid des voluptés. L’ensemble laissait imaginer les goûts du maître de l’endroit. La décoration du vestibule et du salon déployait tout ce que l’opulence pouvait offrir en matière de confort et de raffinement. Porcelaines de Sèvres, flambeaux d’argent, vases d’albâtre et de céladon montés en bronze doré, colonnes de marbres abondaient au milieu de scènes amoureuses figurées en biscuit. Mais ce qui frappait le visiteur était la profusion obsédante de dessins et d’estampes sous verre qui couvraient les murs et présentaient au regard des évocations propres à exciter les sens les plus blasés. »

La rue Plumet est devenue la rue Oudinot par décret du 30 mai 1851.