La porte Saint-Denis

La porte Saint-Denis en 1829, par Civeton (Gallica)

La porte Saint-Denis en 1742, par J.-B. Scotin,
dans Description de Paris de Piganiol de la Force (Paris, Théodore Legras)

 

Antoine Nicolas DEZALLIER D'ARGENVILLE, Voyage Pittoresque de Paris ou indication de tout ce qu’il ya de plus beau dans cette ville en peinture, sculpture et architecture, Paris, De Bure l’aîné, 1777, pages 212-213. :
« La Porte Saint Denis est d'une magnifique apparence, et peut passer pour la plus belle de toutes celles qui ornent cette ville. Le dessus est découvert à la manière des anciens arcs de triomphe. L’ouverture cintrée qui forme la porte, est accompagnée de deux pyramides engagées dans l'épaisseur de l'ouvrage, chargées de trophées d'armes, et terminées par deux  lobes aux armes de France. Au bas de ces pyramides sont deux statues colossales, dont l'une représente la Hollande sous la figure d'une femme consternée et assise sur un lion mourant qui tient dans une de ses pattes sept flèches qui désignent les sept provinces unies. L’autre statue est celle du Rhin désigné par un fleuve. Ces figures sont du dessin de Le Brun. Dans les tympans du cintre on voit deux renommées, au-dessus desquelles est un bas-relief qui expose le passage du Rhin à Tolhuys. La face de cette porte du côté du faubourg est également décorée, à l'exception qu'il n'y a point de figures au bas des pyramides. Le bas-relief est la prise de Mastrick. Cette porte est du dessin de Blondel, et tous les ornements de sculpture sont d’Anguier l’aîné. »  

La rue Saint Denis, ancienne voie romaine vers le nord, avait beaucoup d’importance pour la royauté puisqu’elle conduisait à la nécropole royale de la Basilique de Saint Denis. La destruction de l’enceinte du XIVe siècle, celle de Charles V, permit l’ouverture des Grands Boulevards et la création d’un monument glorifiant le roi régnant. La Porte Saint-Denis que l'on connaît aujourd'hui est celle dont parle Dezalier d'Argenville. Construite en 1672 par l’architecte François Blondel au croisement de la rue Saint Denis et des Grands Boulevards, elle matérialisait le passage de l’octroi entre la ville et le faubourg Saint Denis.

Elle a été conçue - ainsi que les autres portes - comme un arc de triomphe à la gloire de Louis XIV et de ses victoires sur le Rhin (et donc des massacres des populations de Rhénanie-Westphalie) et en Hollande. Elle s'inscrit dans un carré. Son arche en plein cintre est insérée dans un renfoncement rectangulaire. Cette arche est flanquée de deux pyramides engagées dans la paroi. Au-dessus de l’arche un relief rappelle le passage du Rhin par Louis XIV au début de la guerre de Hollande. La porte est frappée de l’inscription LVDOVICO MAGNO (« à Louis le Grand »).