Port Saint-Nicolas
Vue du quai du Louvre et Port Saint-Nicolas au XVIIIe siècle, par Jean Baptiste Lallemand (Gallica)

 

M. THIERY, Almanach du voyageur à Paris, tome 1, Paris, Hardouin, 1783, p. 384 :
« Port Saint - Nicolas , au bout du Quai des Galeries du Louvre : il a pris son nom de l'église collégiale qui était toute ptoche. On y trouve toujours des petits bateaux pour passer les gens de pied au Fauxbourg Saint-Germain.
 »

M. THIERY, Guide des amateurs et des étrangers voyageurs à Paris, tome 1, Paris, Hardouin et Gattey, 1787, p. 403 :
« Au-delà du pont [Royal], au bas du quai des galeries, presqu'en face du guichet neuf, est placé un des bateaux de bains chauds établis sous la protection du Bureau de la Ville, par le sieur Guignant, élève et successeur du sieur Poitevin, pour le prix modique de 1 liv. 4 s. Le port S. Nicolas est sur le même quai : on y prend les diligences royales par eau de Paris à Rouen, dont le Bureau général est rue des Orties, en face du troisième guichet. »

Théophile LAVALLÉE, Histoire de Paris: depuis le temps des Gaulois jusqu'en 1850, Hetzel, 1852, p. 240 :
Les quais étaient alors plus vivants, plus fréquentés, plus commerçants qu'ils ne le sont aujourd'hui, eu égard à la population. Leurs nombreux ports étaient encombrés de marchandises : au port Saint-Paul était le marché aux fruits et aux poissons ; au quai des Ormes, le marché aux veaux ; à la Grève, le foin, le blé, le charbon ; au port Saint-Nicolas, les bateaux venant du Havre et qui apportaient les produits du Midi ; au port de la Tournelle, les arrivages du bois, du plâtre, de la tuile ; au port Saint Bernard, le marché aux vins. etc. Mais la partie de la Seine la plus tumultueuse et la plus gaie était celle que bordaient les quais des Augustins et de Nesle, de la Mégisserie et de l'École, débouchés du Pont-Neuf : là abondaient les marchands de ferraille, de fleurs, d'oiseaux, les marionnettes et les bêtes savantes, les bateleurs, les vendeurs d'images et de livres, surtout les racoleurs, qui faisaient ce trafic de chair humaine aujourd'hui exploité par les assurances militaires. »

La plus grand partie des ports de la ville se situaient en amont, les piles des ponts étant autant d’obstacles au passage des bateaux. Le port Saint-Nicolas se trouvait en aval de l’île de la Cité, ce qui explique qu’il reliait la ville à Rouen par diligence par eau. Il était aussi la porte d’entrée des productions agricoles de l’ouest du royaume, en particulier le foin destiné aux chevaux de la cavalerie royale.