La place Royale

La place Royale au XIXe siècle, par Civeton (Gallica)

La place des Vosges, de nos jours

M. THIERY, Guide des amateurs et des étrangers voyageurs à Paris, tome 1, Paris, Hardouin et Gattey, 1787, p. 677-678 :
« La rue Royale, qui est la première que l'on rencontre sur la droite en descendant celle de Saint-Antoine, conduit à la place Royale. Cette place régulièrement carrée, a quatre issues, dont les deux principales sont par la rue Saint-Antoine, et par celle de la chaussée des Minimes ; les deux autres sont par les rues de l’Écharpe et du Pas de la Mule. Ce fut Henri IV qui conçut l'idée de construire cette place, de soixante-douze toises en carré, et qui la nomma Place Royale. Il fit bâtir à ses dépens l'un des quatre côtés, qu'il vendit ensuite à des particuliers. Chacun des emplacements des trois antres côtés fut donné par ce prince pour un écu d'or de cens, à la charge, par les preneurs, d'y faire bâtir des pavillons conformes aux dessins qui leur seront donnés de sa part. Celui qui fait face à la rue Royale fut nommé pavillon du Roi, et celui du côté des Minimes, le pavillon de la Reine. »

Le roi Henri IV ordonna la construction de la place Royale en 1605 mais il ne la vit pas achevée, puisqu’elle ne fut inaugurée que deux ans après sa mort, lors des fiançailles de son fils Louis XIII.

La statue de Louis XIII, de Dupaty et Cortot (1829) qui a remplacé celle, en bronze, érigée en 1639.

Le centre, plat, en a été dégagé afin de permettre les évolutions des cavaliers, et ce, en dépit du souvenir de la mort tragique du roi Henri II lors d’un tournoi en 1559. Les nobles choisissaient aussi cette place pour s’affronter en duel.
 

Cavaliers sur la place Royale au XVIIe siècle - Gallica

Le roi Henri IV en imposa les règles de construction à Jacques Androuet du Cerceau et Claude Chastillon, les deux architectes qu’il avait choisis. Le dernier bâtissait du reste son propre logis sur la place. La place est conçue sur un plan presque carré : elle mesure 127 mètres sur 140, démentant l’affirmation de Thiéry, qui la dit « régulièrement carrée ». Le roi imposa par ailleurs une hauteur de deux étages et des arcades au rez-de-chaussée, les deux bâtiments du roi et de la reine faisant exception. La même règle d’unité fut aussi imposée dans le choix des matériaux : briques rouges et calcaire pour les façades, et ardoises pour les toits. C’est cette unité architecturale qui fait encore le charme de cette place au cœur du quartier du Marais.

Débaptisée à la Révolution, elle hérita de nombreux noms : place des Fédérés, place du Parc-d’Artillerie, place de l’Indivisibilité. En 1800, elle prit le nom du département des Vosges, le premier à avoir payé les nouveaux impôts. Elle redevint place Royale avec la Restauration des Bourbons et sous le second empire, avant de retrouver le nom de place des Vosges, définitivement, en 1870.