Origny-en-Thiérache
La maison natale de Pigneau de Béhaigne
L'église fortifiée d'Origny-en-Thiérache

 

Pigneau de Béhaine, dont les lettres – authentiques – envoyées à Nicolas de Cochinchine, scandent la série, est né derrière l'église d'Origny-en-Thiérache, dans une petite maion en briques qui date au moins de 1628, ainsi que l'atteste un acte de vente. Cette maison, qui appartenait à la famille depuis plusieurs générations, fut vendue en 1823 et devint le presbytère paroissial.

En 1865, l'abbé Jules Jardinier entreprit de refaire, dans le style néo-gothique, la façade occidentale. Les armoiries de monseigneur d'Adran y furent apposées.

Alors qu'en novembre 1910, le sous-directeur d'Etat des Beaux-Arts acceptait de faire classer la maison natale de Pigneau de Béhaine au titre des monuments historiques, l'idée était abandonnée en janvier 1911.

En mars, la Société de Géographie de Paris la sauve en la rachetant. Un musée y est inauguré en 1914.

En 1953, la Société fait don de l'édifice et des collections à la commune d'Origny-en-Thiérache. Sa visite se fait sur réservation.

Quant au clocher de l'église, il a été reconstruit de 1929 à 1931 sur le modèle de celui de la Cathédrale Notre-Dame de Saïgon, en hommage à Pigneau de Béhaine qui, mort en 1799, était enterré dans un tombeau au centre de Saigon.

Les armoiries de Pigneau de Béhaigne
sur la façade de sa maison natale.
Le tombeau de l'évêque d'Adran vers 1874 (Musée "Monseigneur Pigneau de Behaine").

En 1983, à la demande des autorités vietnamiennes, Jean-François Parot, alors consul à Saigon, a fait exhumer ses restes. Cette exhumation dura deux jours car on ne trouvait pas le cercueil qui contenait le corps de l'évêque d'Adran. Celui-ci, bien caché, était fait en bois précieux laqué de rouge et d'or. Le corps de Pigneau y reposait, habillé en mandarin et apparemment intact. Il y avait foule autour du tombeau et, poussé par la foule, Jean-François Parot bascula dans le cercueil. Les habits du prélat se décomposèrent en poussière. Le consul de Saïgon eut juste le temps de saisir au vol quelques petits boutons en or.

Les restes de Pigneau de Béhaine ayant été incinérés, Jean-François Parot est revenu en France à bord de la Jeanne d'Arc, avec ces cendres et celles de Francis Garnier et d'Ernest Doudard de Lagrée. Une partie se trouve à Paris dans l’immeuble des Missions étrangères et l’autre dans l’église Saint-Cyr-et-Sainte-Julitte d'Origny-en-Thiérache.
Une cérémonie du retour des cendres fut organisée à Origny-en-Thiérache le 2 octobre 1983, à l'occasion de laquelle Jean-François Parot remit au curé d'Origny-en-Thiérache les petits boutons d'or qu'il avait sauvés. Que sont ces petits boutons devenus ? M. Morand, qui nous a fait visiter le musée, a tenté de mener l'enquête, mais sans succès : les boutons se sont volatilisés !
Dans l'église d'Origny, l'urne funéraire est déposée
au-dessus du baptistère où fut baptisé Pigneau de Béhaine
.
Paraphe de J.F. Parot sur le livre d'or de la cérémonie du 2 octobre 1983, à Origny.

 

Musée "Monseigneur Pigneau de Behaine".


Sceau de l'évêque d'Adran

 

Au-dessus d'une bibliothèque renfermant
des objets ayant appartenu à Pigneau,
le portrait du prince Cahn.