Collège de Montaigu
Cour entre le collège Montaigu
et la nouvelle bibliothèque Ste Geneviève (1850). Source Gallica.
Le Panthéon et la nouvelle bibliothèque Ste Geneviève,
par Gaspard Gobaut. Source Gallica.

 

M. THIERY, Guide des amateurs et des étrangers voyageurs à Paris, tome 2, Paris, Hardouin et Gattey, 1787, p. 274-275 :
« Entrant dans la rue Saint-Etienne-des-Grés et prenant celle des Sept Voies, qui est la seconde à gauche, vous trouverez à l'angle de cette rue le Collège de Montaigu, fondé en 1314, par Gilles Aycelin, archevêque de Rouen et Garde des Sceaux. Ce prélat ayant institué son héritier Albert Aycelin, son neveu, évêque de Clermont, le chargea, par le même testament, du 13 décembre 1314, d'entretenir "dans ses maisons autant de pauvres écoliers que les foyers des bâtiments produiraient de fois 10 liv. de rente. Cet évêque se fit un devoir d'exécuter les dernières volontés de son oncle. Louis Aycelin de Montaigu de Listenois fut celui qui fit prendre à ce collège le nom de Montaigu ; il voulut aussi que les armes de Montaigu fussent sculptées sur la porte principale, et que les boursiers fussent pris de préférence dans le diocèse de Clermont, suivant l'intention du cardinal de Laon son oncle. En vertu d'un règlement du 7 Août 1744, les boursiers font gras à midi, et le soir on ne leur sert qu'un repas frugal. Le nombre des bourses est d'environ soixante : elles sont, pour la plus grande partie, à la nomination du prieur des Chartreux de Paris. On reçoit aussi des pensionnaires, moyennant 350 liv. par an. Ceux de ces pensionnaires qui ont été couronnés à la distribution des prix de l'Université font aussitôt gratifiés d'une bourse dans ce collège.
 »

Comme le note Thiéry, la famille Aycelin est à l’origine de la création de ce collège au XIVe siècle, connu aussi sous le nom de Collège des Aicels. Un troisième Montaigu, Pierre Aycelin, cardinal de Laon et conseiller du roi Charles V, restaure le collège à la fin du même siècle. C’est une œuvre sociale destinée à accueillir des étudiants pauvres et à leur permettre d’étudier. En contre partie, le collège, surtout à partir de la fin du XVe siècle, est connu pour sa discipline sévère et sa vie religieuse quasi monastique dont se fait l’écho Thiéry. Au XVIe siècle, Ignace de Loyola y séjourne et s’inspire de sa règle de vie pour ses collèges jésuites, fer de lance de la reconquête catholique dans l’Europe de la Réforme. Ce sont d’ailleurs des élèves et des maîtres des maisons de Malines, Valenciennes et Louvain, liées à Montaigu dans une congrégation, qui forment les premiers jésuites. Devenu bien national à la Révolution, le collège est transformé en hôpital puis en prison. En 1842, la bibliothèque de l’abbaye Sainte-Geneviève est transférée dans ses locaux et c’est naturellement, qu’après la démolition du collège, la nouvelle bibliothèque est construite à sa place et inaugurée en février 1851.