L'hôtel des Menus-Plaisirs
Plan de Paris par Jaillot, 1775

Almanach parisien en faveur des étrangers et des personnes curieuses ( 1776), édité et présenté par Daniel Roche, Presses de l'Université de Saint-Étienne, 2001, p 70 :
« HÔTEL DES MENUS PLAISIRS DU ROI, rue Bergère, faubourg Montmartre, au-delà de Boulevards. On y voit une salle de spectacle dans laquelle on fait les répétitions des opéras et ballets qui se jouent devant le Roi. C'est aussi l'entrepôt de toutes les machines qui servent aux divertissements destinés pour Sa Majesté. »

Les Menus-Plaisirs – « les Menus », comme on disait alors – faisaient partie de l’administration de la maison du roi : ce service organisait les cérémonies, les fêtes et les spectacles donnés à la cour. Après avoir servi, les décorations des fêtes et des théâtres de la cour étaient remisées dans des locaux de fortune. Les spectacles et les fêtes se multipliant, tous ces accessoires devenaient de plus en plus encombrants et ruineux. Aussi décida-t-on, en 1763, de construire l’hôtel des Menus-Plaisirs entre les rues du Faubourg-Poissonnière, Bergère et Richer. C’était un ensemble de bâtiments et de vastes cours où l’on entreposait tous les objets qui avaient servi dans les cérémonies, les représentations ou les bals organisés pour le « plaisir du roi ». Le but était – comme le souligne Jean-François Parot dans L’Affaire Nicolas Le Floch – de tirer quelque bénéfice de leur vente ou, à défaut, de les transformer afin de les réemployer dans de nouvelles fêtes, afin de ne pas trop alourdir la gestion des « Menus », confiée à un « intendant des menus plaisirs et affaires de la chambre du roi ». Napoléon transforma le lieu en Conservatoire de Musique. Sous la Restauration, on tenta de lui restituer sa première affectation, mais sans retrouver l’éclat des fêtes d’avant la Révolution. Après la Révolution de 1830, l’hôtel des Menus-Plaisirs redevint un conservatoire de musique sous le nom d’École royale de musique et de déclamation.