Les halles et le marché Saint-Jean
La place des Halles au XVIIIe siècle, par Jeaurat (Gallica) Le marché et la fontaine des Innocents, par N. Ransonnette (XVIIIe siècle) - Gallica

 

M. THIERY, Guide des amateurs et des étrangers voyageurs à Paris, tome 1, Paris, Hardouin et Gattey, 1787, p. 477-479 :
« Les Halles de Paris doivent leur établissement à Philippe-Auguste. St Louis fit construire deux Halles aux draps, et une pour les cuirs, et permit en outre à différents marchands d'étaler le long des murs du cimetière des SS. Innocents. Les cordonniers et les peaussiers obtinrent aussi une halle de Philippe-le-Hardi, qui confirma les privilèges accordés par St. Louis son père, aux lingères et autres vendeurs de menues friperies. Enfin par suite, chaque profession avait sa halle, où les marchands forains des environs venaient apporter les marchandises. C’est de là que viennent les noms de quelques rues de ce quartier telles que celles de la Lingerie, de la Toilerie, de la Corderie, de la Friperie, de la Poterie, etc... Enfin plusieurs marchands forains y avaient des halles particulières qui portaient le nom de leurs villes, telles que la Halle de Douai, celles de Bruxelles, d’Amiens, de Pontoise, de Beauvais, et La Boucherie de Beauvais, située rue Saint-Honoré, près celle de la Tonnellerie, ne doit son nom qu'à cette halle, qu'on prit en partie, en 1416, pour y établir vingt-huit étaux de bouchers. [...] Toutes ces halles furent détruites sous François Premier et rétablies à peu près dans l'état ou nous les voyons aujourd'hui ; ce qui ne fut fini que sous Henri II. [...] Le marché aux herbages et aux choux, qui se tient rue de la Ferronnerie, et en obstrue le passage, doit être transféré incessamment sur l'emplacement du cimetière des Innocents, fermé depuis quelques années. La partie des charniers régnant le long des rues Saint-Denis, de la Lingerie et aux Fers devant être abattue, ainsi que les maisons qui y sont adossées, formera de ce lieu un très vaste marché, ouvert de trois côtés, rendra la circulation plus facile dans ce quartier et dégagera les rues de la Ferronnerie et Saint-Honoré de bien des embarras. »

Le roi Louis VI le Gros, en 1135, déplace le marché de Paris, situé place de Grève à proximité du port sur la Seine, au lieu-dit Les Champeaux. Ce lieu est excentré dans les faubourgs du nord de la ville. C’est le berceau des Halles. Les marchands s’installent là où ils peuvent et le roi Philippe Auguste fait construire des halles pour organiser la vente des draps. Au XVIe siècle, une organisation du marché devient nécessaire : François Ier, en 1543, reconstruit les halles. Le rez-de-chaussée des maisons bâties forme des portiques où s’organise la vente. La halle aux blés non loin de la maison de M. de Noblecourt est créée en 1763.
Extérieur de la Halle au blé, par Maréchal, 1786 - Gallica

Fermé en 1780, puis vidé en 1786, le cimetière des Innocents est désaffecté pour des raisons d’hygiène et aménagé en marché aux fleurs, fruits et légumes. L’hygiène reste une préoccupation centrale au XIXe siècle. En 1848, Victor Baltard remporte le concours d'architecture pour réaménager les halles : il veut construire douze pavillons. L’édification des deux derniers n’est achevée qu’en 1936. En 1969, le marché déménage à Rungis et les pavillons Baltard sont détruits à partir de 1971.

Dans le premier ouvrage de la série, Jean-François Parot fait référence à un autre marché, établi lui aussi sur un ancien lieu de sépulture, à savoir le marché Saint-Jean. La présence d’un marché sur le lieu est attestée depuis le début du XIVe siècle. Au milieu de la place une fontaine alimentée par la pompe Notre-Dame. Quant au marché, il était ouvert tous les jours.