Le couvent des Dames augustines anglaises

Source Gallica

 

L’origine des Dames augustines anglaises remonte au XIIIe siècle dans les Flandres, où elles soignaient les malades et accueillaient les pauvres.

En 1633, elles vinrent Paris, s’installant d’abord rue d’Enfer, où elles ouvrirent un pensionnat.

Le 20 décembre 1638, elles firent l’acquisition de quatre maisons contiguës dans la rue des Fossés-Saint-Victor. L’une d’elles était connue parce que Charles IX et Henri III venaient y entendre des concerts organisés par Jean-Antoine de Baïf. La communauté quitta la rue d’Enfer et s’installa dans le nouveau couvent de la rue des Fossés-Saint-Victor, celui où Nicolas, dans L’Inconnu du pont Notre-Dame, rend visite à la fille de Dangeville, honorant la promesse faite à ce dernier dans L’Enquête russe. Le 30 juillet 1640, Mgr Smith consacra l’église au nom de saint Augustin.

Le pensionnat se développa alors, accueillant en majorité de riches Anglaises catholiques. Ce n’est qu’au XIXe siècle qu’il s’ouvrit aux Françaises, dont George Sand qui le fréquenta du 12 janvier 1818 au 12 avril 1820. À côté du pensionnat (the School), il y avait la grande pension (the High Pension), qui accueillait des dames de la haute société admises à loger, avec leurs dames de compagnie et leurs servantes, dans la clôture.

Endécembre 1667, le couvent acquit une nouvelle maison et de 1699 à 1711, l’achat de trois maisons et d’un terrain contribuèrent à agrandir davantage le couvent. George Sand le décrit dans son Histoire de ma vie :

« C'était, dit-elle, un assemblage de constructions, de cours, de jardins, qui en faisaient une sorte de village plutôt qu'une maison particulière. Il n'y avait rien de monumental, rien d'intéressant pour l'antiquaire... Mais cet ensemble hétérogène avait son caractère à lui, quelque chose de mystérieux et d'embarrassant comme un labyrinthe, un certain charme de poésie, comme les recluses savent en mettre dans les choses les plus vulgaires. Je fus bien un mois avant de savoir m'y retrouver seule, et encore, après mille explorations furtives, n'en ai-je jamais connu tous les détours et les recoins. »

Le 10 octobre 1793, les religieuses anglaises furent arrêtées, les dames locataires expulsées et les scellés apposés. Le décret du 9 octobre 1793 transforma le couvent en prison pour femmes (122 y furent emprisonnées à la mi-novembre).

Le 10 juin 1795, on restitua provisoirement aux Dames augustines anglaises leurs biens mobiliers et immobiliers. En août 1859, elles furent expropriées. En septembre 1859, un décret les autorisa à transférer leur communauté de la rue des Fossés-Saint-Victor à Neuilly, où elles avaient acquis un terrain dans l'ancien parc de Neuilly pour y construire un nouveau couvent, qu’elles habitèrent en 1862 avec leurs élèves.