Le Cours la Reine

Le Cours la Reine. Gravure d'Aveline (XVIIIe siècle) - B.N.F. RV-607825
© Albert Harlingue / Roger-Viollet

Sur le Cours de la Reine, illustration des Rues de Paris ancien et moderne,
Paris, G. Kugelmann, 1843, après la page 238 de la seconde partie.

CLAUDE MARIN SAUGRAIN, Les Curiositez de Paris, de Versailles, de Marly, de Vincennes, de S. Cloud, et des environs, Saugrain, 1742, volume 1, p. 142-143 :
« L'on a abattu depuis quelques années la porte qui terminait ce quai [des Galeries du Louvre], et que l'on nommait la porte de la Conférence, ce qui le rend le plus beau de Paris. C'était par cette porte que l’on sortait pour la promenade par terre, aux environs de Paris que je viens de vous nommer [Chaillot, Passy, Auteuil, Boulogne, Saint-Cloud, le Moulin de Javelle] ; mais sans vous écarter si loin, je me contenterai de vous parler de la plus proche, qui est le Cours de la Reine. Ce nom lui vient de Marie de Médicis, qui y fit planter dix-huit cents ormes. Il est formé par une grande allée, et par deux plus petites aux deux côtés : ce cours a dix-huit cents pas de long, et vingt toises de largeur ; il y avait d'espace en espace des puits ou réservoirs, d'où l'on tirait l'eau pour l’arroser. Six carrosses de front pourraient se promener dans la grande allée sans se toucher. Le milieu en est marqué par deux demi-cercles, qui forment une espèce de rondeur, que l’on appelle la Lune du Cours, Il y a à l'entrée deux portes grillées, l’une pour entrer, et l'autre nouvellement faite pour sortir : l'autre extrémité est aussi fermée par une porte grillée. C'est un véritable plaisir, et même qui surprend, d'y voir en été un nombre infini de gens de qualité qui s'y promènent en carrosse ; c'est à qui s'y fera le plus remarquer par l'éclat, le faste et la galanterie. Les arbres du Cours étant sur leur retour, on les a renouvelés. »

L’endroit fut d’abord un lieu de maraîchage hors les murs mais, en 1616, Marie de Médicis le transforma en une promenade composée d’une allée principale et de deux contre-allées, qui lui permettaient de respirer l’air de la campagne. C’était ce que l’on appelait un cours.

Les trois allées bordées d’ormes suivaient la Seine sur environ un kilomètre. La reine devait d’abord longer les murs des Tuileries et passer la porte de la Conférence avant d’accéder au nouveau cours. La promenade était en effet fermée à ses deux extrémités par des grilles en fer, qui préservaient la tranquillité des personnes de qualité qui l’empruntaient.

Aux dires des "contemporains" de Nicolas Le Floch, son allée centrale était assez large pour permettre à six carrosses de circuler de front. Ces mêmes carrosses pouvaient faire demi-tour dans un espace appelé demi-lune du Cours la Reine. Les contre-allées avaient été bordées de fossés grâce aux soins du Maréchal de Bassompierre, qui avait une maison de plaisance sur le Cours. En 1723, les arbres du cours, malades, furent remplacés par le duc d’Antin.

Le Cours la Reine en mai 2012