Les catacombes à Montrouge

Source Gallica

 

 

Au cours du XVIIIe siècle, les cimetières intra-muros a beaucoup préoccupé les Parisiens, en particulier le cimetière des Innocents et son charnier, alimenté par les cadavres que l’on sortait des fosses communes pour faire place aux nouveaux « arrivants ». En 1765, le Parlement de Paris interdit toute inhumation intra-muros mais le décret ne fut guère respecté et il fallut l’incident de la rue de la Lingerie le 30 mai 1780 pour changer le cours des choses. Ce jour-là, des milliers de cadavres se déversèrent dans une cave de la rue, suite à l’écroulement du mur qui la séparait du cimetière des Innocents : le cimetière fut alors définitivement fermé.

Cependant, si on enterrait hors les murs, les anciens cimetières restèrent tels quels, à l’abandon, suscitant de vives critiques en raisons des émanations putrides (cf. Louis Sébastien Mercier). À la suite de la publication à Londres deux ans plus tard d’un Projet de catacombes pour la Ville de Paris, en adaptant à cet usage les carrières qui se trouvent tant dans son enceinte que dans ses environs, lequel projet envisageait de profiter de l’aménagement des carrières de Paris pour y installer un ossuaire, le lieutenant général de police Lenoir décida de transférer les ossements du cimetière des Innocents dans les carrières souterraines de la Tombe-Issoire, sous la plaine de Montrouge.
 

C’est en 1785 que l’on commença à organiser un espace de ces carrières pour le transformer en ossuaire. Le transfert des ossements, organisé par le successeur de Lenoir, Louis Thiroux de Crosne, et auquel assistent Nicolas et Bourdeau dans L’Inconnu du Pont Notre-Dame, dura quinze mois. Le cimetière des innocents fut ensuite rasé et transformé en marché.

Les autres cimetières parisiens accolés aux églises furent eux aussi vidés et supprimés. Au XIXe siècle, lorsqu’on découvrait – lors de travaux – d’autres ossements, on les acheminait vers Montrouge. En tout, on a dénombré que ces carrières souterraines ont accueilli les dépouilles de dix-sept cimetières, de cent-quarante-cinq couvents et de cent-soixante lieux de cultes entourés de leur cimetière.