Les Carmes déchaux

 

Les Carmes, vus du jardin. L'entrée de l'église

Le Voyageur français ou la connaissance de l’ancien et du nouveau monde,
mis au jour par M. l’Abbé DELAPORTE, tome XLII, Paris, chez Moutard, 1794, p. 29-31 :

« En suivant la rue de Vaugirard, on trouve à gauche le couvent des Carmes déchaussés ou réformés à l’imitation des religieuses carmélites de Sainte Thérèse, par le P. Jean de la Croix, espagnol. Ils furent appelés en France en 1610, les carmélites déchaussées y étant déjà venues quelques années auparavant. Dès 1611, un conseiller au Parlement, nommé Vivier, leur acheta dans cette rue une belle maison où ils s’établirent. Ils n’y eurent alors qu’une petite chapelle : mais peu de temps après, on forma le projet de leur bâtir une plus grande église, dont Marie de Médicis posa la première pierre en 1613. Elle fut achevée en 1620, et bénite sous l’invocation de Saint Joseph en 1625. [...] les Carmes cultivent encore dans leur jardin la plante de mélisse, dont leurs frères apothicaires font une eau spiritueuse, très connue sous le nom d’eau des carmes. »

À la chute de la monarchie, ayant servi de refuge à de nombreux religieux chassés de leurs maisons, le couvent devint une prison pour les prêtres réfractaires arrêtés dans le quartier. Le 2 septembre 1792, sur les cent cinquante qui y étaient enfermés, cent quinze furent exécutés. Le couvent a ainsi fait office de prison jusqu’à la fin de la Terreur, en décembre 1794. Ceux qui y étaient détenus mouraient en général sur l’échafaud.

En 1795, l’ancien couvent est devenu un magasin d’approvisionnement. En 1797, il est vendu à un entrepreneur qui commence à en extraire pierres et métaux. Pour empêcher leur destruction, Camille de Soyecourt racheta les bâtiments du couvent en août 1797 et y installa une communauté de carmélites, mais le couvent était trop vaste et, ne pouvant en assurer l’entretien, les carmélites le vendirent en 1841 à l’archevêque de Paris pour s’installer dans une maison plus modeste.

En 1845, l’ancien couvent devint un séminaire, où l'on forme des prêtres qui étudient aussi à la Sorbonne. En 1875, il devient le lieu où s'installe l'Université catholique de Paris (Institut catholique de Paris).