Bellechasse

The Pavilion at Bellechasse, 1778, Musée Carnavalet - Paris (source Wikimedia)

M. THIERY, Guide des amateurs et des étrangers voyageurs à Paris, tome II, Paris, Hardouin et Gattey, 1787, p. 588 :
« Ce monastère que l’on rencontre [...] sur la droite de la rue saint Dominique, en face de celle de Bellechasse, est occupé par des chanoinesses qui suivent la Règle de saint Augustin. Ces religieuses étaient d'abord à Charleville : ce fut la Duchesse de Croy qui les fit venir à Paris en 1656 elles y fixèrent leur établissement en vertu de lettres patentes de Louis XIII, du mois de mai 1657. Leur église, reconstruite et bénite en 1673, n'offre rien de remarquable. […] Le nom de Bellechasse, que porte ce monastère est celui que portait autrefois le lieu sur lequel il est situé. Le jardin de ces religieuses est fort grand.  »

Au XVIIe siècle, les religieuses portent le nom de Filles à Barbier (nom du donateur du terrain) ou Filles de Lorraine (en raison de leur origine). Elles ne sont que vingt et prennent l’habitude de recevoir des pensionnaires dans deux bâtiments séparés de la clôture. Les femmes de la noblesse pouvaient y rester quelque temps (parfois pour se cacher, comme Mme de Saint-Vincent, qui avaient des démêlés avec Richelieu) et les plus jeunes y étudiaient.

En 1782, Mme de Genlis et ses élèves furent hébergés dans un hôtel particulier construit selon les plans de la gouvernante, le pavillon d’Orléans, qui donnait sur la rue Saint Dominique (actuel 11bis). La gouvernante y vivait avec les enfants au milieu d’un décor de portraits de l’histoire romaine et française et de cartes de géographie qu’elle utilisait dans ses leçons.

Dans La Pyramide de glace, Nicolas précise d'ailleurs que c’est là, à l’intérieur du monastère, que le duc a fait bâtir une maison pour l’éducation de ses enfants, éducation qui est sous la responsabilité de Madame de Genlis, sa maîtresse. Les bâtiments sont moins fermés qu’un couvent classique et ouverts le jour aux hommes, à l’exception des jardins et des parties conventuelles. Le petit Louis-Philippe explique à Nicolas qu’il est quand même relativement facile de passer par les jardins, ce que fait Tristan Benot pour échapper à la surveillance de la police.

Le couvent fut vendu comme bien national en 1790 et en grande partie démoli.

Le pavillon d’Orléans a été détruit en 1905 mais son emplacement est encore visible au 11 bis rue Saint Dominique. L’église conventuelle a été transformée en temple protestant.