Jean-François Parot : L'Enquête russe

La dixième enquête du commissaire Nicolas Le Floch par Jean-François Parot réunit les ingrédients qui font le succès de la série.

Le commissaire d'Ancien Régime Nicolas Le Floch n'en finit pas de séduire toujours plus de lecteurs. L'ensemble des aventures du policier inventé par l'écrivain diplomate Jean-François Parot, il y a douze ans, a ainsi été vendu à ce jour à plus d'un million et demi d'exemplaires, toutes éditions confondues. Quant à L'Enquête russe, dixième enquête du commissaire dont la carrière commença sous Louis XV avant de se poursuivre sous Louis XVI, elle est d'emblée tirée à 60.000 exemplaires. Comment expliquer un tel engouement ?

Parot a le don de trousser des intrigues qui mêlent harmonieusement, de façon équilibrée et crédible, des éléments historiques et romanesques. Ainsi, dans son nouvel ouvrage, qui se situe en 1782, Louis XVI et Marie-Antoinette reçoivent le fils de Catherine II, le tsarévitch Paul. C'est en s'appuyant sur les relations détestables qui existaient réellement entre l'impératrice de Russie et son rejeton que l'auteur imagine un mystérieux complot organisé à Paris.

Attachant et chevaleresque

Alors que le comte de Rovski, ancien favori de la tsarine, est retrouvé assassiné rue de Richelieu et que deux meurtres sont commis à l'ambassade de Russie, lieu où réside le prince héritier, Le Floch mène l'enquête. Sa capacité à tisser des liens de confiance avec le tsarévitch se révèle très efficace. Il est clair que la personnalité attachante et chevaleresque du commissaire au Châtelet compte pour beaucoup dans l'enthousiasme du public. Parot a eu l'idée de génie d'imaginer un élégant courtisan parfaitement ancré dans la culture et les traditions de son temps, tout en le dotant d'une ouverture d'esprit, d'une attention et d'un respect d'autrui, y compris des plus humbles, qui le rendent très sympathique. Son épaisseur humaine, Le Floch la doit sans doute à ses origines incertaines. Il est un orphelin, né de père inconnu, élevé par un marquis et arrivé à Paris à l'âge de 21 ans, en 1761. Le premier opus de la série, L'Énigme des Blancs-Manteaux, se situe cette année-là.

Le romancier, ambassadeur retraité depuis un peu plus d'un an, envoûte également ses fans en les plongeant avec minutie dans l'atmosphère du XVIIIe siècle. Les descriptions du Paris de l'époque et de ses habitants, des quartiers populaires aux palais, sont saisissantes. C'est également grâce à une langue inspirée d'une lecture assidue de Saint-Simon que l'auteur invite le lecteur à un voyage dans le temps.

D'autre part, l'œuvre de Parot étant chronologique, ses inconditionnels sont tenus en haleine. Le Floch pourrait ainsi assister à la Révolution d'ici trois ou quatre livres, et même vivre sous l'Empire puisqu'il n'aurait alors que soixante ans. Enfin, la saga est aussi devenue une série télévisée à succès, dont les deux prochains épisodes seront diffusés demain et le 20 janvier sur France 2.

par Blaise de Chabalier. Publié le 11/01/2012.

LIRE publie le prologue de L'Enquête russe à la suite de cet article