Saint-Aubin (Gabriel)

Né le 14 avril 1724 à Paris, Gabriel-Jacques de Saint-Aubin est issu d’une famille de dessinateurs : son père et ses deux frères sont également connus. Dessinateur et peintre, Gabriel de Saint-Aubin n'a cessé d'arpenter les rues de la capitale. Un de ses contemporains, Pahin de La Blancherie, le décrit ainsi :

« On ne le rencontrait qu'un crayon à la main, dessinant tout ce qui se présentait à ses yeux [...]. Ce goût excessif de tout voir, tout savoir, tout dessiner lui emportait si complètement tous ses instants, qu'il avait une négligence extrême de sa  personne, tant pour sa santé que pour son extérieur, quoiqu'il ne fût pas hors d'état de satisfaire à ces deux points : il portait cette abnégation de soi-même au point qu'il est mort dans un dépérissement total de la nature, n'ayant voulu se laisser soigner que quand il n'était plus temps de le faire. » (Essai d'un tableau historique des peintres de l'école française, 1783)

De 1770 à 1779, il esquisse dans les marges de son exemplaire de la Description de Paris, de Piganiol de la Force les monuments tels qu'il les voyait. Attentif aux scènes urbaines, il les croquait également sur le vif, privilégiant les petits détails. Il a laissé un nombre important de dessins et d'aquarelles qui, un peu à la manière des écrits de Siméon-Prosper Hardy, Louis-Sébastien Mercier ou Nicolas-Edme Restif de La Bretonne, font revivre sous nos yeux la capitale, telle qu'elle était au XVIIIe siècle. Bien qu'il séduise Nicolas dans Le Noyé du Grand Canal, ce talent ne fut guère reconnu par ses contemporains, que le peintre désarçonnait par un style atypique.

En 1778, il a cinquante-quatre ans lorsque Nicolas et M. de Noblecourt lui rendent visite :

« Un homme de taille moyenne, dans la soixantaine, les accueillit. Le visage blême aux traits massifs, un peu bovins, le menton remonté vers le nez, s’éclaira d’un bon sourire à la vue du vieux magistrat. [...] Il était en chemise et culotte tachées et de vieilles savates éculées lui tenaient à peine aux pieds. Dans la rue on l’eût pris pour un mendiant. Le logis comportait une pièce unique, servant apparemment à la fois d’atelier et d’appartement. [...] La poussière et la crasse recouvraient tout et des déchets traînaient sur le plancher. »

Il meurt le 14 février 1780, alors qu'il n'a pas encore cinquante-six ans.

Saint-Florentin (comte de)

Voir duc de La Vrillière.

Sainte-James (baron de)

Né en 1738, Claude Baudard de Sainte-James était le fils Georges Nicolas Baudard de Vaudésir, un receveur des tailles d’Angers devenu trésorier général des Colonies. Son fils lui succéda dans cette charge en 1758 et la cumula avec celle de trésorier général de la Marine. Souscrivant à l’anglomanie de l’époque, il anglicisa le nom d’une terre que son père possédait près d’Angers : Sainte-Gemmes devint ainsi Sainte-James.

M. de Sainte-James devint vite le financier le plus en vue de la capitale. Il s’était engagé d’en d’innombrables affaires. Il avait ainsi – entre autres – des intérêts dans la Société du Commerce du Nord, qui fournissait des bois et des cuivres pour la Marine, dans les fonderies de Montcenis, dans la manufacture des toiles à voiles d'Angers, dans les mines et la verrerie de Decize, dans l'exploitation des bois de Ménilmontant, dans celle des mines de Baygorry en Basse-Navarre.

Immensément riche, il possédait en outre de nombreux hôtels et maisons à Paris ainsi que des habitations dans les colonies (notamment à Saint Domingue). Il étalait avec ostentation sa richesse, donnant en son hôtel de la place Vendôme, acquis en 1773, de somptueuses fêtes, que relate – avec une plume critique – Mme Louise-Élisabeth Vigée-Lebrun :

M. de Sainte-James était fermier-général, puissamment riche, et vraiment financier dans toute l'étendue du terme. C'était un homme de moyenne grandeur, gros et gras, au visage très coloré de cette fraîcheur qu'on peut avoir à cinquante ans passés quand on se porte bien et qu'on est heureux. M. de Sainte-James tenait un état de maison de la plus grande opulence ; il habitait un des beaux hôtels de la place Vendôme, et donnait là de très grands et bons dîners, où il réunissait trente ou quarante personnes pour le moins. N'ayant pu refuser d'y aller une fois, je regrettai beaucoup de n'être ni gourmande ni friande ; car sous ces deux rapports j'aurais été complètement satisfaite, tandis que cette société si nombreuse ne me sembla pas, à beaucoup près, aussi aimable que celle qu'on trouvait chez ce bon M. Boutin. M. de Sainte-James recevait son monde avec plus de bonhomie que de grâces. Après le dîner on passait dans un superbe salon, entièrement garni de glaces ; mais tout cela ne faisait point que tant de personnes réunies, qui ne se connaissaient pas, pussent causer ensemble avec cette espèce de confiance et d'intimité qui fait le charme des conversations. (Souvenirs, Paris, Fournier, 1835, volume 1, p. 275)

En 1777, M. de Sainte-James chercha à rivaliser avec le comte d’Artois, qui avait fait construire Bagatelle. Lui empruntant son architecte, François-Joseph Bélanger, il créa, juste à côté, la folie Saint-James, conçue à l’anglaise. Il y implanta un rocher de quarante-trois mètres, qui alimenta les conversations et lui valut le sobriquet de « l'homme au rocher », donné par le roi lui-même.

C'est dans cette "folie" que Nicolas le rencontre en 1780, dans L'Honneur de Sartine :

Tout commençait à poindre, mais rien n'était encore achevé. Un canal, avec de savants méandres, traversait le parc coupé de ponts, de grottes, de kiosques orientaux et de toutes sortes de pavillons de la plus gracieuse venue. [...]
M. de Sainte-James rutilait au soleil, transpirant dans un habit de satin moiré tirant sur l'orange. Sa chevelure, frisée et poudrée, était nouée sur la nuque en catogan. L'homme, de belle prestance, de taille moyenne, un peu corpulent, avait un visage empli, satisfait mais sans hauteur, à qui des bajoues naissantes offraient une sorte de majesté. Des yeux bleu-noir semblaient appartenir à un autre homme plus renfermé, ou plus sagace, différent de celui qu'aurait pu suggérer son aspect extérieur.

En 1787, une banqueroute mit un terme à la prospérité de Sainte-James, qui fut embastillé pendant trois mois.  Il mourut peu après.

Voici l'oraison funèbre que lui fit Mme Louise-Élisabeth Vigée-Lebrun :

Il faut croire que la révolution n'est point arrivée à temps pour punir M. de Sainte-James d'avoir étalé tant de magnificence, car je n'ai jamais entendu dire, ni dans l'étranger, ni depuis mon retour en France, qu’il ait été guillotiné. Une mort naturelle l'aura soustrait au sort affreux de M. de Laborde et de M. Boutin.

Sanson (Charles-Henri)

Né à Paris le 15 février 1739, Charles Henri Sanson descend d’une famille normande de bourreaux qui officient à Paris. Son père, Jean-Baptiste, est paralysé par une attaque en 1754. Âgé de quinze ans, Charles-Henri est trop jeune pour lui succéder officiellement. Il pratique donc les exécutions sous le contrôle de son père : il exécuta ainsi Damiens en 1757. En 1766 cependant, il ne réussit pas à décapitater Lally-Tollendal du premier coup et c'est son père qui dut achever l'exécution. Il rappelle l'épisode avec amertume dans L'Affaire Nicolas Le Floch. Il n’obtient l’office de bourreau de Paris et celui de bourreau de la cour qu’en 1778, après la démission de son père. Marié à Marie-Anne Jugier en 1766, il a deux fils, Henri né en 1767 et Gabriel né en 1769. Ces deux fils seront à leur tour bourreaux, continuant la tradition familiale.

Sa fiche de police est citée dans Le Fantôme de la rue Royale :

« Courtise des femmes et voit des filles. Marque ses prétentions en portant l’épée sous le nom de chevalier de Longval. S’est rangé depuis son mariage. Passe pour sorcier et rebouteux. A rencontré sa femme, Marie-Jeanne Jugier, fille d’un maraîcher du faubourg Montmartre, en allant à la chasse, dont il raffole. »

L'auteur signale aussi ses déménagements successifs. En 1774, dans L'Affaire Nicolas Le Floch, il accueille le commissaire dans une maison de la Nouvelle-France, nouveau quartier de Paris situé au-delà de la Porte Saint-Denis. En 1782, dans L'Enquête russe, il vient d'emménager dans le faubourg Saint-Martin, dans la partie de la rue Neuve Saint-Nicolas que l'on apelle rue Neuve Saint-Jean. L'Enquête russe signale aussi que c'est lui qui dresse désormais, pour faciliter le travail des enquêteurs, le procès-verbal des autopsies, avec les détails anatomiques ad hoc

En 1789, Charles Henri Sanson acquiert le titre de citoyen. Même s’il n’est pas à l’origine de l’idée, il est le créateur, avec un de ses amis, de la guillotine et il en est le premier utilisateur le 25 avril 1792 en coupant la tête d’un voleur. C'est lui qui exécute Louis XVI. En avril 1793, son fils Henri lui succède, même si Charles-Henri reste le bourreau en titre jusqu’en 1804, l’année de sa mort.

Dans le premier roman, L’Énigme des Blancs-Manteaux, Jean-François Parot décrit ainsi « Monsieur de Paris » :

« C’était un jeune homme, de taille moyenne, d’une vingtaine d’années, déjà corpulent. Il avait un beau visage plein, aux yeux candides, qu’une perruque blanche et strictement coiffée ne parvenait pas à vieillir. »

En 1761, il a le même âge que Nicolas, vingt-deux ans. Les deux jeunes gens ressentent aussitôt une estime mutuelle, due en partie à ce qu'ils conçoivent leurs tâches respectives avec un même sérieux. Sanson est d'autant plus attaché à Nicolas que ce dernier lui a serré la main d'emblée, montrant ainsi son absence de préjugés et son respect pour l'homme, sous le bourreau. Il l'accueillera dans sa maison de la rue d'Enfer, hors les murs, dans le quartier de la Nouvelle-France, récemment loti. Nicolas le fait entrer en 1777 chez M. de Noblecourt, l'introduisant ainsi dans le cercle des hommes éclairés de la rue Montmartre (Le Cadavre anglais). Bien que bourreau, l'homme apparaît dans la série comme très sensible aux injustices perpétrées par le régime.

Sartine

Antoine Raymond Juan Gualbert Gabriel de Sartine est né à Barcelone le 12 juillet 1729, dans une famille d’immigrés français originaire de Lyon. Son père Antoine était un financier issu de la bourgeoisie commerçante qui, ayant suivi Philippe V dans sa conquête du trône espagnol, a bénéficié de sa protection. Le roi Bourbon l'a fait entrer à son conseil des finances et l'a nommé intendant en Catalogne, la province ayant perdu tous ses privilèges à la fin de la Guerre de succession d’Espagne. Dans Le Noyé du Grand Canal, Sartine avoue que son père était aussi un agent du cardinal Dubois, pendant la Régence. Le financier fut anobli par son mariage avec une dame d’honneur de la reine d’Espagne, Catherine Witts, comtesse d’Ably, « fille du secrétaire d’état de Jacques II pour la France. Elle fut même señora de honor de la reine d’Espagne » (Le Noyé du Grand Canal).

Orphelin à quinze ans, leur fils, Antoine Raymond revient en France, pris en charge par un financier ami de la famille, qui le fait entrer au collège d’Harcourt.

Il achète la charge de lieutenant criminel au Châtelet en 1755, commençant ainsi une carrière au service de la monarchie française. En novembre 1759, il est nommé lieutenant général de police, charge qu'il occupe jusqu’en mai 1774, date à laquelle il devient secrétaire d’État à la Marine. C’est un excellent lieutenant général de police, qui se targue de diriger « la meilleure police d’Europe » (L'Affaire Nicolas Le Floch). Il a amélioré la sécurité de la capitale ainsi que son approvisionnement, ce que souligne la série policière. Il a également organisé un réseau d’informateurs qui lui permettait de contrôler tout ce qui se passait à Paris. Comme l'a écrit Jacques Peuchet, un autre homme du siècle de vingt ans son cadet, « il gouverna les choses par les hommes et les hommes par les choses ». Ces qualités se retrouvent dans la gestion de son secrétariat à la Marine, même si Necker s’oppose à lui, ce que rapporte Le Noyé du Grand Canal. Disgracié en 1780, il rejoint l’Espagne en 1790, échappant ainsi à la guillotine, ce qui n’est pas le cas de son fils Charles-Louis-Antoine de Sartine. Il meurt à Tarragone en 1801.

Le personnage romanesque apparaît dès le début de la série : dans L'Énigme des Blancs-Manteaux, il reçoit Nicolas Le Floch et, après lecture de la lettre de recommandation du marquis de Ranreuil, le nomme secrétaire du commissaire Lardin. Il se vante d’avoir participé avec le marquis de Ranreuil au siège de Philippsburg, aux côtés du maréchal de Berwick. Or, né en 1729, il n'avait alors que cinq ans. C'est en effet le 18 juillet 1734 que, pendant la guerre de Succession de Pologne, les troupes françaises et espagnoles alliées s'emparent de la forteresse.

Jean-François Parot en fait un personnage sujet à de fréquentes sautes d’humeur et un collectionneur de perruques, manie que rapportent les écrits du siècle. Il signale aussi que Sartine est affilié à la loge maçonnique des Arts Sainte-Marguerite. En tant que ministre de la Marine, Sartine monte une organisation d’espionnage, à l'insu de Nicolas Le Floch, qui en est fort troublé (Le Cadavre anglais). Dans Le Noyé du Grand Canal, la brouille est oubliée et Nicolas collabore avec Sartine.

Ayant quitté le Ministère de la marine, Sartine n’a plus de fonction officielle dans L'Enquête russe, en 1782. Le roi lui accorde une substantielle pension et lui conserve estime et confiance. Il a laissé l’Hôtel de Chalabre pour louer une nouvelle demeure rue du Faubourg Saint-Honoré ; il cherche à acquérir une maison de campagne à Viry-Châtillon. Sartine a vieilli :

« Mais le travail du temps procurait à son visage jusque-là long et maigre une sorte de douceur, comme si un sang nouveau avait coloré et gonflé ses joues. Une aménité paisible remplaçait la flamme nerveuse de jadis. Le poids et les angoisses du pouvoir, les soucis de la guerre, la perpétuelle crainte des cabales et de la défaveur, avaient disparu. »

Discret et de bon conseil, il est encore reçu par le roi, « dans ses cabinets à des heures inhabituelles ». Dans L’Enquête russe, il joue un rôle de premier plan, tirant les ficelles et faisant intervenir ses agents secrets et dans L’Année du volcan, il est plus que jamais « l’homme des secrets et de la raison d’État » puisque c'est lui qui organise le voyage de Nicolas à Londres pour négocier l’achat de libelles. C'est également lui qui assure la protection du commissaire.

En 1786, dans L’Inconnu du Pont Notre-Dame, Sartine continue de diriger, dans l’ombre, un service de contre espionnage essentiellement opposé aux Anglais. Désormais, il habite l’Hôtel de Juigné, quai Malaquais, près du Collège des Quatre Nations.

Saujac (Le président de)

La série ne livre que peu d’informations sur ce personnage, si ce n’est qu’il est président de Parlement, sûrement un Parlement d’une province occitane étant donné la consonnance du patronyme. Il est célèbre pour sa mauvaise foi, à laquelle les romans ne cessent de faire allusion, surtout par la bouche de M. de Noblecourt. Cette mauvaise foi est citée de plus en plus souvent. C'est là un petit clin d'œil de l'auteur à l'un de ses amis. La mention du président de Saujac s’arrête après L’Enquête russe.

Semacgus

Personnage romanesque, il apparaît dès le premier roman. C'est du reste au départ un ami du commissaire Lardin. Chirurgien de marine formé à l’école de Brest, il a navigué sur les bateaux de guerre avant de s’embarquer sur les navires de la Compagnie des Indes. Il a vécu plusieurs années à Saint-Louis-du-Sénégal, d’où il est revenu avec deux esclaves noirs, Saint-Louis – assassiné en 1761 – et Awa, sa cuisinière, tous deux affranchis. Personnage de haute taille, au visage très coloré, il habite avec eux à Vaugirard.

Anatomiste réputé, il a obtenu le droit de faire des expériences sur les cadavres de la Basse-Geôle. Homme des Lumières, il parle plusieurs langues. C'est aussi un libertin au sens philosophique du terme : son discours est celui d’un athée dans Le Fantôme de la rue Royale, où il apporte une explication rationnelle à un comportement jugé irrationnel. Il est au fait de toutes les dernières découvertes médicales et prône toujours la prévention. À titre d'exemples, on notera qu'il se lave les mains avant toute intervention, conseille à Nicolas de se protéger avec des condoms et fait varioliser tous ses amis à partir de 1770.  

En mai 1770, dans Le Fantôme de la rue Royale, les ans semblent le marquer :

« L’homme demeurait égal à lui-même, toujours avide des plaisirs de l’existence, mais il s’empâtait un peu plus chaque année et les somnolences se multipliaient. »

En janvier 1774, il a abandonné ses plaisirs de libertin et s'est mis en ménage avec son ancienne esclave Awa.

Ami de Nicolas, il assiste Sanson lors des ouvertures des corps à la Basse-Geôle. Il donne d’excellents conseils dans les enquêtes, ses connaissances et ses voyages lui permettant souvent de distinguer l’anomalie.

Dans L’Année du volcan, envoyé par Sartine en Angleterre dans l’équipe qui doit assurer la protection de Nicolas, il administre à ce dernier un puissant somnifère.

Schultz

Schultz, marchand de peaux, et Golikoff, négociant en eaux de vie, sont les coupe-jarrets des services secrets russes, agents qui portaient si délicatement des éventaires de rubans à l’Hôtel de Lévi, aides de la princesse de Kesseoren et qui ont tenté d’assassiner Nicolas au sortir du bal de Versailles dans L’Enquête russe. L’examen des corps à la basse-geôle révèle qu’ils portent des marques d’infamie et qu’il s’agit sans doute de prisonniers en fuite, récupérés par les services secrets.

Skzrawonski (comtesse)

Mme d’Oberkirch, dans ses Mémoires, la décrit ainsi : 

« La comtesse Paul Skzrawronsky avait une tête d’une beauté idéale ; impossible d’être plus jolie. Elle était mère du prince Potemkin, et son nom était Engelhard. »

Dans L’Enquête russe, elle habite  rue d’Anjou, à l’angle du cul-de-sac de Nevers, dans un grand appartement au premier étage. C’est une dame à portrait qui bénéficie des faveurs de l’impératrice. « La famille de son époux descend d’un frère de Catherine, la première femme de Pierre le Grand. » Quand Nicolas la rencontre elle se tient debout dans son salon, devant la cheminée : c’est « une grande femme entre deux âges à haute coiffure poudrée ». Elle a reçu l’ordre d’un conseiller de l’impératrice d’accueillir la princesse de Kesseoren, qu’elle héberge à Meudon dans une folie à lanterne.

« Le bâtiment de style classique, flanqué d’une lanterne ouverte, domine un large panorama et surplombe le parc et les pièces d’eau du château. La grille, donnant accès à un petit jardin planté d’ifs en cône et de buis, s’avère solidement verrouillée. Un haut mur clôture sur trois côtés la propriété, le dernier formant terrasse donne sur un à-pic. »

C'est là qu'est arrêtée la princesse de Kesseoren, non sans avoir auparavant gravement blessé Bourdeau.

Smith

Voir Galbraith