Gagère (Béatrice)

Dans La Pyramide de glace, Béatrice Gagère est une prostituée qui participe aux soirées organisées par le le duc de Chartres. Elle a été engagée à l’Académie royale de musique en 1780. Le document est contresigné par le duc de Richelieu, premier gentilhomme de la chambre du roi, qui se rappelle d’elle. Celui-ci et l’intendant des Menus exerçaient l’étroite surveillance des théâtres et des opéras.

« Nicolas savait bien dans quelles conditions une fille sans talent, mais de bonne mine, pouvait échapper à la tutelle de ses parents et n’avoir d’autre perspective que la chaussée ou l’Opéra. Il suffisait d’être exposée aux yeux des amateurs vêtue de la lévite des chœurs  ou parée des tenues des vestales surnuméraires pour monter sur scène, l’orner sans un mot pendant cinq actes. […] Ainsi une fille pouvait parvenir, sans parler, en sortir comblée d’éloges, poursuivie de désirs que, de loin, elle avait allumés. Le miracle s’opérait rapidement. On était vu, cela garantissait la suite. Et pourtant, la plupart du temps, il était impossible à ces filles d’accéder à l’avant-scène, d’y tricoter le moindre pas. Il leur revenait seulement de défiler dans des mouvements d’ensemble, à l’arrière-garde des ballets. Comme la toile de fond représentait souvent des rochers ouverts sur la mer, Nicolas avait entendu jadis son ami La Borde, fort amateur avant son mariage de ces gracieuses apparences, les nommer avec ironie « les garde-côtes ». »

Elle est pauvrement installée dans un galetas, rue Greneta, l’une des plus sales de Paris, « un véritable lieu de pestilence et de boues fétides qui ne sèchent jamais, même l’été. » Ayant cherché à faire chanter l’assassin de Mme Le Bœuf, elle reçoit un billet qui lui donne rendez-vous « devant la chapelle Notre Dame de Lorette, rue Coquenard ». C’est un guet-apens pour la tuer. Le corps est abandonné de sorte qu'on puisse aisément le découvrir dans les carrières de gypse de Montmartre.

Galaine (famille)

Claude Galaine

Les Galaine sont pelletiers de père en fils. Parti en 1748 négocier sans intermédiaires le prix des fourrures en Nouvelle-France, l'aîné – Claude Galaine – s'y était marié en 1749. De cette union naquit à la fin de 1750 une petite fille, prénommée Élodie, comme la mère de Claude Galaine. Cependant, les colonies françaises étant de moins en moins sûres, Claude Galaine prit la décision de rentrer en France avec sa femme, son enfant et un serviteur indien, à bord du vaisseau de l'escadre de l'amiral Dubois de La Motte. Alors qu'ils se dirigeaient vers l'escadre française, ils furent attaqués par des Indiens à la solde des Anglais. L'enfant, portée par Naganda – le serviteur indien –, fut séparée de ses parents et resta en Nouvelle France, tandis qu'une épidémie de typhus, qui s'était déclarée sur le vaisseau, emportait Claude Galaine et sa femme avant d'arriver à Brest. En ce qui concerne l'escadre de l'amiral Dubois de La Motte, il convient toutefois de noter que, si elle fut réellement décimée par le typhus avant de rentrer à Brest, ce fut en 1757.

Charles Galaine

Membre de la jurande des marchands pelletiers, Charles Galaine est âgé, en 1770, de quarante-trois ans et il tient boutique vis à vis de l'Opéra, à l’enseigne des Deux Castors. Il n'aimait guère son frère Claude, qui était le préféré du père. En 1770, suite à deux mariages malheureux, l'affaire familiale périclite. La première épouse de Charles, morte en couches à la naissance de Jean, était dépensière. Quant à la seconde, Émilie, elle le méprise. De treize ans sa cadette, elle se livre occasionnellement à la prostitution par amour de l’argent, l'un de ses clients étant Restif de le Bretonne, alias "le hibou". Elle est en outre à l’origine de l’achat de fourrures russes, achat qui s’est avéré une escroquerie et qui a précipité le déclin des Deux Castors. Jean, le fils du premier lit, est apprenti marchand pelletier chez son père. Âgé de vingt-deux ans, il est éperdument amoureux de sa cousine Élodie. Une petite fille de sept ans, Geneviève, est née du second lit.

Les sœurs Galaine

Camille (quarante ans) et Charlotte (quarante-cinq ans) sont les sœurs de Charles Galaine. La première a l'esprit fort dérangé et la seconde, mue par un amour démesuré pour son frère Charles, n'hésite pas à commettre deux meurtres. Elle tue d'abord l’enfant d’Élodie avec l’aide de Marie Chaffoureau – la vieille cuisinière des Galaine – et d'une jeune servante – Miette. Elle organise ensuite froidement le meurtre de sa nièce Élodie pour conserver l’héritage de son frère Claude.

Élodie Galaine

La fille de Claude Galaine, Élodie, a survécu grâce à Naganda, son serviteur indien. Séparée de ses parents, elle a passé les premiers dix-sept ans de sa vie à Québec, chez des religieuses – les Ursulines –, avant d'être conduite en France par Naganda fin 1768, où elle devient la pupille de son oncle Charles. Épris l'un de l'autre, Élodie et Naganda tentent de dissimuler cet amour aux yeux de leur oncle et tantes. De cet amour est cependant issu un enfant mâle qui, selon les termes d'un testament confié à Naganda par le père d'Élodie, devait hériter de la fortune de Claude Galaine s'il n'avait été, précisément pour cette raison, tué à la naissance par Charlotte Galaine. En mai 1770, c'est au tour d'Élodie de figurer parmi les morts provoqués par l’incendie qui a marqué les festivités données place Louis XV pour le mariage du Dauphin. Sa tante Charlotte est encore l'auteur de ce meurtre.

Galbraith (James), alias Smith

Officiellement banquier et secrétaire de Franklin à l’ambassade américaine de Paris, dans L’Enquête russe, M. Smith est arrêté à la Rochelle alors qu’il tente d’embarquer sur un navire marchand à destination de Boston, « muni d’un passeport apparemment véridique au nom de James Galbraith, né à Philadelphie en 1738 ». Envoyé du Congrès américain auprès des Russes, il est chargé d’obscures négociations avec l’empire russe pour des échanges commerciaux, peut-être des ventes d’armes. Il se présente à Paris comme un agent secret du roi pour approcher le comte de Rovski.

Gallaud d’Arennes

Dans L’Inconnu du Pont Notre-Dame, c’est un lieutenant de vaisseau originaire de Provence. Il travaille au Ministère de la marine et occupe un logement, rue de la Ferronnerie. Il disparaît alors qu’il était attendu à Cherbourg à l’occasion des travaux de la rade. « Les inquiétudes à son sujet se sont rapidement transformées en soupçons, vu que l’homme est très mal noté. De fait, on s’est rapidement aperçu que des documents confidentiels qu’il détenait avaient bel et bien disparu. » Joueur, il vend ces documents à un espion anglais et entraîne, en provoquant des pertes de jeu, Halluin dans sa trahison. C’est Halluin qui transmet les documents à l’espion. Il est assassiné, sur l’ordre d’Halluin, par Lessard. Son corps retrouvé dans une maison du pont Notre-Dame, est celui de l’inconnu.

Galluchat (Jean-Claude)

Vraisemblablement né à la fin du XVIIe siècle puisqu’il eut une fille le 18 février 1717, le maître artisan gainier Jean-Claude Galluchat mourut le 8 mars 1774. Il eut d’un premier mariage – avec Marguerite Mercier – deux enfants, dont Denis-Claude, qui fut lui aussi gainier.

Installé quai des Morfondus, il dut sa renommée à la mise au point d’un procédé de tannage à l’aide de grès et de pierre ponce, conjugué à un procédé de coloration en vert, avec de l’acétate de cuivre. Par antonomase, on nomma "galuchat", la peau de roussette ainsi travaillée, voire les objets recouverts de cette peau. C’est ce que mentionne, dans L’Honneur de Sartine, la feuille arrachée à un almanach de l’époque, à savoir l’Almanach d’indication… (sans doute l’Almanach d’indication générale ou du vray mérite, de 1769 ou de 1771). L’Almanach Dauphin de 1777 et les Tablettes royales du vrai mérite de 1778 disent du reste la même chose :

Galuchat, père, quai des Morfondus, est celui qui le premier a trouvé l'art d'adoucir et mettre en couleur les peaux de roussette et de requin, dont on garnit les surtouts de montres, boîtes à lancettes, étuis à ciseaux et à rasoirs et autres objets, qui depuis ce temps, ont conservé le nom de Galuchat.

Dans la seconde moitié du siècle, la mode des objets recouverts de galluchat (ou galuchat, ou encore galucha) fit fureur.

Almanach d’indication générale ou du vray mérite, de 1769

Mme de Pompadour la lança sans doute, elle qui aimait beaucoup ces objets, ce dont témoigne en 1766 la vente de meubles et d’objets lui ayant appartenu et parmi lesquels figurent, entre autres, « un souvenir d'écaille incrustée et garni d'or, avec un crayon massif dans son étui de galuchat  ».

En 1780, Galuchat père est décédé depuis six ans et son fils, Denis Claude Galluchat l’a semble-t-il précédé dans la mort. L'affaire est donc dirigée par le petit-fils, Maurice (Jean Perfettini, Galuchat, Éditions de l'Amateur, 1994).

Entretemps, le nom Galluchat avait perdu un L,  devenant Galuchat en 1777, dans L’Almanach Dauphin.

Gambut (la)

La Gambut est une prostituée parisienne d’origine occitane, dont L’Enquête russe livre la publicité :

« La Gambut, brune piquante, assez bien, grande et jeune. À l’endroit voluptueux où l’on dispose l’offrande de l’amour, vaste et profond. Elle a une prédilection pour les grands hommes. Tarif à débattre. Rabais sur la nuit avec souper. »

La Paulet la décrit de façon pittoresque :

« Fait ce qu’elle peut avec rien. Elle casse le métier. Elle est venue du Languedoc ayant perdu son principal en chemin… Imaginez ! En sabots avec la paille dedans et son petit casaquin rouge. [...] Au début, elle logea cul-de-sac Coquerelle. Du reste, car je suis juste, assez jolie avec un embonpoint qui séduit et des globes qui attisent les passions. Et bien embouchée avec ça ! Dommage qu’elle soit si nigaudière. Elle cause un parler infect avec l’accent de sa province… »

Gaspard

Gaspard apparaît dans la série le 27 octobre 1761. Il remplit alors à Versailles la fonction de garçon bleu. Contre un pourboire, c'est lui qui, dans L'Homme au ventre de plomb, raconte à Nicolas l’histoire du billet destiné à de La Chaux et intercepté par le vicomte de Ruissec. Le lecteur le retrouve près de treize ans plus tard, dans L'Affaire Nicolas Le Floch. Relevant désormais du service intérieur du roi, il prétend avoir été variolisé afin de garder le privilège d'être auprès du monarque qui se meurt. Contaminé par le roi, il trouve refuge chez La Borde et, mourant, confesse à Nicolas qu'il travaillait aussi, par appât du gain, pour le duc d’Aiguillon, ce qui explique les attentats dans l’entreprise londonienne et l’intrusion rue Montmartre. Donné pour mort en 1774, il "ressuscite" en 1777, au restaurant Le Grand-Cerf, où il travaille.

Gauss (Catherine)

Personnage romanesque, Catherine Gauss apparaît dès le premier roman de la série. Veuve d’un Garde-Française, elle est alors cuisinière chez le commissaire Lardin et adopte d'emblée Nicolas, qui est venu loger rue des Blancs-Manteaux. Elle est décrite comme assez corpulente  :

« La porte s’entrouvrit et un visage de femme apparut, coiffé d’une charlotte blanche, mais si large et si mafflu qu’il semblait le prolongement d’un corps énorme dont le haut était engoncé dans un caraco rouge, le tout encadré par deux bras dégoulinant de lessive et en proportion de l’ensemble. » (L'Énigme des Blancs-Manteaux)

Après une dispute avec Louise Lardin en février 1761, elle se réfugie chez Semacgus et, depuis L'Homme au ventre de plomb, engagée par Nicolas, elle seconde Marion chez M. de Noblecourt.

Née à Colmar, elle a été cantinière lors de la bataille de Fontenoy, le 11 mai 1745. C'est pendant les campagnes de l’armée en Italie et en Allemagne qu'elle a découvert la pomme de terre qu’elle cuisine très souvent. Son accent tudesque, qui trahit son origine alsacienne, ses recettes et son attachement indéfectible à Nicolas en font un personnage incontournable de la série.

Dans L’Enquête russe, Catherine, la plus jeune de l’Hôtel Noblecourt après Nicolas, se plaint de son âge et des courbatures dues à ses campagnes militaires : « Ah ! gémissait-elle, j’ai trop zouvent gouché dans la boue. » Elle lutte contre les douleurs en se frictionnant « avec le schnaps de son pays » et s’enveloppe de bouts de toiles imprégnés d’alcool, « exhalant alors dans l’office les fragrances de la quetsche et de la mirabelle ».

Genet (Edme Jacques)

Né à Paris en 1726, Edme-Jacques Genet se rend en l'Allemagne en 1746, puis en Angleterre, pour échapper à un mariage arrangé par son père. Il ne revient définitivement en France qu'à sa majorité, pour épouser Lise Cardon, une lingère sans fortune. Il est le père de Mme Campan, née en 1752. En 1753, il devient secrétaire interprète aux Affaires étrangères, charge qui est spécialement créée pour lui. Pratiquant lui-même l'anglais, l'allemand et l'italien, il crée une école d'interprètes formés à ces langues, ainsi qu'à l'espagnol, le polonais, le suédois et le danois.

Dans L'Enquête russe, Nicolas dit avoir eu souvent recours aux services de M. Genet, chef du bureau des interprètes, à l’hôtel des Affaires étrangères à Versailles.

Edme-Jacques Genet est mort en 1781.

Genlis (La Comtesse de)

Stéphanie Félicité du Crest de Saint-Aubin est née en Bourgogne à Issy-l’Evêque en janvier 1746. Elle a donc 38 ans quand elle croise Nicolas dans La Pyramide de glace :

« Une dame apparut en robe grise et manteau bleu sombre. […] Il reconnut la comtesse de Genlis, ses yeux sombres, sa bouche arquée avec ses fossettes en coins, sa lèvre inférieure très ourlée et son nez pointu relevé du bout. Pourtant il y avait loin de la jeune maîtresse passionnée du duc de Chartres qu’il avait croisée sous le feu roi. Une sorte de sécheresse sévère imprégnait un visage longtemps mouvant et charmant, désormais de plus en plus figé dans un quant-à-soi volontairement maintenu. »

Issue de la noblesse militaire, elle a été faite chanoinesse dans son enfance, ce qui est à l’origine de son savoir encyclopédique. En 1763, elle épouse un noble riche, Charles-Alexis Brûlart, comte de Genlis et marquis de Sillery. En 1772, elle devient la dame de compagnie de la duchesse de Chartres et son mari est nommé capitaine des gardes du duc : ils sont donc logés au Palais Royal. Dès le début de son séjour, elle devient la maîtresse du duc de Chartres.

Elle est chargée de l'éducation du petit Louis-Philippe, à sa naissance en 1773. En 1777, après la naissance des deux sœurs jumelles du petit prince, elle s’installe avec les enfants du couple ducal au couvent de Bellechasse, dans le pavillon d’Orléans. Ces enfants l’ont toujours préférée à leur mère. Proche des encyclopédistes et en particulier de Rousseau, elle écrit de nombreux ouvrages sur l’éducation.

Au début de la Révolution, elle reçoit dans son salon de nombreux révolutionnaires girondins. Elle fuit en Angleterre pendant la Terreur. Le duc de Chartres, devenu duc d’Orléans puis Philippe Égalité est guillotiné ainsi que le comte de Genlis. 

Autorisée par Bonaparte à rentrer en France en 1801, elle reçoit une pension de l’État et continue son œuvre d’éducatrice.

Elle est morte à Paris en décembre 1830 peu de temps après la montée sur le trône de Louis-Philippe.

Georgel (Abbé)

Secrétaire d’ambassade à Vienne, Jean-François Georgel est né le 29 janvier 1731 à Bruyères, dans les Vosges, où est exposé le tableau ci-contre. Professeur jésuite, il enseigne dans les collèges de l’ordre, en particulier à Strasbourg, où il rencontre le Cardinal-prince de Rohan, coadjuteur de l’évêque de la ville. Cette rencontre influera sur sa carrière à partir de 1762 : il devient, entre autres, administrateur des Quinze-Vingt.

En 1772, il suit le Prince de Rohan devenu ambassadeur à Vienne. Il y développe ses talents de négociateur secret. En  1774, c’est à lui que le chancelier Kaunitz s’adresse pour que la France transmette à l’Autriche des  renseignements sur une personne supposée s’être réfugiée à Paris. Les recherches se révélant infructueuses à Paris, Kaunitz déclare  : « On nous avait tant vanté la police de Paris (...), mais je vois bien qu’elle n’est pas meilleure là qu’ailleurs. » Or, ironiquement, c’est dans  un faubourg de Vienne que la police de Sartine retrouve la trace de l’individu recherché, ce qui oblige dans un deuxième temps Kaunitz à modifier son jugement, assurant cette fois que « les rouages d’une machine aussi merveilleuse [la police française] devaient être des chefs-d’œuvre ». L'anecdote, racontée dans ses Mémoires par l'abbé Georgel, est relatée par Kaunitz lui-même dans Le Sang des farines.

C'est du reste dans ce roman que Nicolas rencontre l'abbé Georgel, en mars 1775 :

« L’homme de petite taille, chevelure frisée et poudrée, portait avec élégance un habit noir avec un rabat discret qui tenait plus de la cravate que de la parure d’un prêtre. Des yeux clairs, une bouche mince resserrée entre deux plis dissymétriques et un curieux haussement d’épaules involontaire offraient un ensemble net et sans joie. » (Le Sang des farines)

Comme le montre le sixième roman de la série, la carrière de l'abbé Georgel est intimement liée à celle de la famille de Rohan. Aussi, quand le prince est exilé en 1785 à la suite de l’affaire du collier de la reine, Georgel est-il contraint de résider à Bruyères, où il meurt en 1813.

Géraud

Dans L’Année du volcan, Géraud est un apothicaire dont l'officine se situe à l’angle de la rue Saint-Jacques et de l’impasse des Ursulines. Il livre six fioles de liqueur d’Hoffmann à la vicomtesse de Trabard tous les mois. Petit homme bedonnant, il accueille Nicolas avec toutes les démonstrations d’un aimable praticien. Sa boutique est splendide :

« L’ensemble de chêne était plus proche de la bibliothèque d’une noble demeure que d’une boutique, vases de porcelaine fine et bocaux de cristal s’alignaient rangés comme à la bataille et mille tiroirs référencés reflétaient la rigueur d’un ordre immuable. »

Gervais (Maître)

Maître Gervais est un maître mercier gantier et parfumeur bien connu d'Aimée d'Arranet et de Nicolas. Il a bel et bien existé à l'angle de la rue Saint-Martin et de la rue aux Ours, ainsi que l'attestent des documents du XVIIIe siècle. Jean-François Parot décrit ainsi sa boutique :

« La Cloche d’Argent offrait aux chalands son éclatante devanture, assemblage compliqué de bois sculptés en ronde bosse figurant des guirlandes, des fruits et des nœuds. Les vitrines de glaces serties dans de fines colonnettes laissaient entrevoir sur des étagères les plus séduisants produits de la boutique. Le bec de cane abaissé, de suaves odeurs s’emparaient de l’odorat des visiteurs. »

Gervais est un homme d’une quarantaine d’année, ressemblant par sa tenue à un vieux muguet. Il fabrique lui-même des pommades dont il vante l’innocuité, au contraire de celles comportant de la céruse :

« A moins que vous ne préfériez des spécialités, fruits de mes recherches en alambics et cornues. Pommades à la duchesse ou à la moelle de bœuf pour faire croître les cheveux, ou encore celle de limaçons en pain, excellente pour le visage car elle ne contient ni fard ni substance dangereuse pour la peau. »

Dans L'Enquête russe, Nicolas recourt aux services du parfumeur afin de connaître la nature de la poudre trouvée sur le carnet du comte de Rovski.

Dans L’Inconnu du Pont Notre-Dame, Maître Gervais, qui est en affaire avec la Paulet, accepte de faire parvenir un message de Nicolas à Antoinette devenue Lady Charwel.

Gévigland (Noël-Marie de)

Le docteur de Gévigland apparaît dans Le Crime de l’hôtel Saint-Florentin, où il dénonce avec force l’hôpital de Bicêtre, empruntant beaucoup au livre de Mirabeau, Observations d’un voyageur anglais sur Bicêtre. Dans Le Sang des Farines, le docteur de Gévigland est désigné comme le médecin du roi au Châtelet, « en surnuméraire de MM. De la Rivière et Le Clerc ». Nicolas reconnaît son « fin visage aux yeux noirs tendres et ironiques ». Faisant désormais partie de l'équipe de Nicolas Le Floch, le médecin revient dans L’Honneur de Sartine : il signale à la police la mort suspecte M. Edme de Chamberlin. Il apparaît aussi dans L'Inconnu du pont Notre-Dame, pour soigner Noblecourt, qui a été victime d'un malaise après avoir assité au procès de l'Affaire du collier.

Maître Noël Marie de Gévigland a été médecin militaire pendant la guerre de Sept ans. Il a servi en Allemagne dans l’armée du Rhin. Ensuite il fut docteur régent de la faculté de médecine et professeur de chirurgie « en langue françoise ». Il est souvent intervenu dans la vie médicale du XVIIIe siècle. Il a recommandé de nouvelles eaux minérales, vitrioliques et ferrugineuses, découvertes à Passy dans la maison de madame de Calsabigi pour soigner une gonorrhée vénérienne. Il a fait partie des rédacteurs, avec les médecins Bercher, Roux et Darcet, d’un mémoire de la faculté de médecine de Paris pour la défense des pommes de terre et leur utilisation dans la nourriture des plus pauvres : « Excités par l’amour du bien public, tous les auteurs qui ont parlé de cet aliment ont cherché, par les éloges qu’ils en ont faits, à intéresser les cultivateurs et même à attirer l’attention du gouvernement sur un objet qu’ils regardent comme singulièrement important. »

En dépit de ses recherches – reconnues d'utilité publique – et bien soigné et guéri par Gévigland, Marmontel le désigne dans ses Mémoires (tome II, p. 268), avec mépris comme « le petit médecin [des] laquais » de Mme de Geoffrin, ce qui donne l'occasion à Maurice Tourneux de remarquer en note : « Le Calendarium medicum de 1764 et de 1767 donne à Noël-Marie de Gévigland les titres d’ancien médecin des hôpitaux militaires durant la guerre de Sept ans, et de utriusque pharmaciz professer, qui auraient dû lui épargner la qualification dédaigneuse dont Marmontel a payé ses services. »

Il fut aussi le médecin de la famille du peintre Vernet.

Nous ne pouvons cependant que déduire sa date de naissance. Nous pouvons la situer en 1716, en nous fondant sur un décret du 12 fructidor de l'an deux (1795), ainsi rédigé :

Décret qui accorde la somme de 600 livres, à titre de secours, au citoyen Gevigland.
Le citoyen Gevigland, âgé de soixante-dix-neuf ans, et aveugle, se présente à la barre, et réclame un provisoire sur une rente de 1,100 livres qui lui est due sur les biens de Laborde, tombé sous le glaive de la loi.
La demande de Gevigland, convertie en motion par un membre, la Convention nationale décrète que, sur le vu du présent décret, la trésorerie nationale paiera audit Gevigland une somme de six cens livres, au titre de secours, imputable sur les arrérages de rente qui pourraient lui être dus.

Quant à la date de sa mort, nous n'avons pas pu la trouver dans les sources dont nous disposions.

Gilly

Mentionné avec Ruffin dans L'Enquête russe, Gilly apparaît dans L'Almanach Royal, ce que mentionne du reste Jean-François Parot, comme étant un "secrétaire interprète du roi". Traducteur renommé en langues orientales, il habite rue Serpente.

Godelet (Antoinette), dite la Satin

Dans le premier roman, la première mention de la Satin est faite par Semacgus. La Satin est une prostituée de la maison close de la Paulet, le Dauphin Couronné, mais son vrai nom est Antoinette Godelet. C'est sous ce nom que Nicolas l'a rencontrée à son arrivée à Paris, alors qu'elle travaillait comme femme de chambre chez l’épouse d’un président du Tribunal. Gentille et simple, toujours rieuse et discrète, elle lui a permis d'effacer un peu le souvenir d'Isabelle.

Leur liaison n'a apparemment pas duré au-delà d'avril 1760 puisqu'en février 1761, lorsqu'il la retrouve, il ignore ce qui lui est arrivé. Violée par un cousin du Président, elle est tombée enceinte et, s'étant confiée à son employeuse, elle a été renvoyée. Elle a accouché en décembre 1760 d'un garçon qu'elle a mis en nourrice à Clamart et dont elle nie alors que Nicolas puisse être le père. Pour subsister, elle a été contrainte d'entrer au service de La Paulet.

Dans L’Énigme des Blancs-Manteaux, Nicolas la retrouve par hasard parce qu'elle lui a porté secours alors qu'il venait d'être la victime d'une tentative d'assassinat. Elle joue un rôle dans l'intrigue car elle lui fournit des informations et l'avertit de la séquestration de Marie Lardin.

En 1770, elle prend la direction de la maison close le Dauphin couronné, permettant à La Paulet de se retirer dans sa campagne d’Auteuil. Quand, en 1774, Nicolas apprend qu'il est le père de Louis, le fils de la Satin, M. de Noblecourt convainc cette dernière d’abandonner la direction de la maison close et, avec l’aide de Nicolas, elle achète un fonds de commerce d’objets de mode et de toilette, rue du Bac, tandis que La Présidente – une autre prostituée – reprend le Dauphin couronné. La Paulet complète le fonds commercial en offrant à La Satin un entresol qui en dépendait. Quant à Nicolas, il fait disparaître des archives de la police la fiche concernant la Satin. En octobre 1774, Antoinette s’est associée avec Marie Mercier qui a une boutique à Versailles.  Elles vivent du regrat du château puisqu'elles ont obtenu d’acheter les parures et les robes de la reine et de ses suivantes, ce qui conduit Antoinette à venir deux jours par semaine à Versailles. Nicolas, qui l'y rencontre, se montre fort irrité.

Aussi, en décembre 1774, pour ne plus entacher l'avenir de son fils par son passé galant, Antoinette le confie à Nicolas, vend son commerce rue du Bac et s’installe à Londres pour ouvrir un prospère négoce de dentelles. Elle revient cependant à Paris en février 1777 pour acheter des produits. Nicolas la retrouve dans l’entresol de la rue du Bac qu’elle a conservé, renouant avec les ébats amoureux d'antan. Elle lui raconte alors « par le menu sa vie à Londres où son négoce prosp[ère] dans l’un des passages les plus achalandés de la capitale anglaise » (Le Cadavre anglais). En fait, sa venue à Paris ne relève pas seulement d'une visée commerciale. Nicolas la soupçonne d’être un agent anglais au service de Lord Aschbury mais, sous le pseudonyme d'Alice Dombrey, elle travaille en fait pour Sartine qui, rappelant son passé de prostituée, a fait pression sur elle. Elle renseigne le ministre de la Marine en dépouillant les gazettes anglaises et en se renseignant sur la construction des navires, leurs mouvements et leurs équipages.

Dans L’Année du volcan, Nicolas souhaite revoir Antoinette à Londres mais il a peur de la compromettre. Elle lui a pourtant laissé « un petit mouchoir de linon brodé de dentelle » alors qu'il était sous l'emprise de somnifères. Nicolas en conclut qu'elle a participé à sa protection à Londres. 

« Il n’avait donc pas rêvé. Des lèvres s’étaient posées sur les siennes, il en avait la preuve. Il pressait le petit carré de tissu sur sa bouche et un visage s’imposait. Antoinette ! Antoinette qui sans doute l’avait vu inconscient et qui avait trouvé ce moyen de marquer cette brève rencontre. »

Dans L’Inconnu du Pont Notre-Dame, Nicolas la rencontre deux fois. Elle est venue en visite à Paris, accompagnée de son mari, Lord Charwel, un « petit vieillard », Lord de l’Amirauté et propriétaire d’un domaine en Écosse, non loin du loch Lomond. Elle lui apparaît comme une « jeune femme parée de diamants, dans sa robe magnifique de soie blanche à motifs floraux ». Lady Charwel est encore plus belle encore que dans son souvenir. Elle parvient à lui donner des informations sur une trahison au ministère de la Marine et une menace sur la vie du roi.

 

Golikoff

Golikoff, négociant en eaux de vie, et Schultz, marchand de peaux, sont les coupe-jarrets des services secrets russes, agents qui portaient si délicatement des éventaires de rubans à l’Hôtel de Lévi, aides de la princesse de Kesseoren et qui ont tenté d’assassiner Nicolas au sortir du bal de Versailles dans L’Enquête russe. L’examen des corps à la basse-geôle révèle qu’ils portent des marques d’infamie et qu’il s’agit sans doute de prisonniers en fuite, récupérés par les services secrets.

Gourdan (La)

Marguerite Stock est née à Béziers. D'abord prostituée puis employée à Paris dans un magasin de vêtements, elle se marie avec François-Didier Gourdan, un commis aux impôts indirects dans un village de Champagne. En 1754, elle travaille dans un débit de tabac mais elle en est chassée par les propriétaires en juillet 1756.

Elle reprend alors la prostitution et se fait entretenir par un officier des Gardes dont elle a une fille. C’est à la mort de cet officier en 1759 qu’elle installe une maison de prostitution rue Sainte-Anne. Elle y reçoit la bonne société parisienne, ayant choisi de parer d'un certain luxe son établissement. En 1763, elle le déplace rue de la Comtesse d’Artois, ce qui lui vaut son surnom de "Petite Comtesse". En 1765, elle coupe les liens qui l’unissaient encore à Gourdan.

En 1773, elle installe un nouvel établissement, encore plus luxueux, à l’angle des rue Saint-Sauveur et des Deux-Portes.

La maison était d'autant plus appréciée qu'elle communiquait, grâce à une porte dérobée, ménagée dans une armoire mitoyenne, avec la boutique d’un antiquaire, ce qui permettait un passage discret dans la maison close. Une partie de la noblesse libertine pouvait ainsi venir s’encanailler incognito.

Elle apparaît pour la première fois dans Le Sang des farines, où l'auteur retrace sa carrière :

« La dame, de son vrai nom Marguerite Stock, avait épousé un certain Gourdan, receveur des aides en Champagne, puis directeur des fermes à Brest. Vite séparée de son mari, elle avait tenu un débit de tabac. Sous le nom de Darigny, elle s’installa comme appareilleuse sous le manteau, rue Sainte-Anne, puis rue de la Comtesse-d’Artois, d’où son sobriquet de la petite comtesse. Elle y recevait le plus beau monde, le prince de Conti, les ducs de Chartres et de Lauzun, les marquis de la Trémoille et de Duras. »

Nicolas lui rend en effet visite :

« Une femme d’un certain âge entra qu’on aurait pu prendre pour une dévote allant à complies. Vêtue d’une tenue dont le camaïeu de gris rappela à Nicolas la bonne dame de Choisy, elle paraissait élancée, le visage allongé, le teint pâle qui devait assez peu aux artifices des onguents. » (Le Sang des farines)

Elle est ressentie dans le roman comme une concurrente redoutable pour la Paulet. Recevant des princes, des ducs et des marquis, l’appareilleuse la plus célèbre de la capitale se livre impunément à des trafics de toutes sortes. Elle achète à bas prix des objets de luxe à des personnes dans le besoin, négocie des arrangements avec les tenanciers de lieux de distractions renommés, comme le Vauxhall, la foire Saint-Germain ou la Redoute chinoise, où elle envoie ses filles pour y attirer les clients. Elle est aussi connue pour les prestations particulières de son établissement : elle offre à sa clientèle des filles très jeunes, prostituées par leurs parents et des femmes mariées, amatrices de sensations. Elle joue aussi au chaperon auprès de ses jeunes prostituées afin d'attirer les Anglais de passage dans la capitale. Tous ces griefs, énoncés par la Paulet, trouvent leur source dans la correspondance attribuée à la Gourdan, qu’une main anonyme – vraisemblablement Théveneau de Morande – a publiée en 1783 : Le Portefeuille de Madame Gourdan, dite la Comtesse. Le billet que Nicolas présente à la mère maquerelle pour la faire parler est du reste issu de ce recueil.

Comme l’indique Nicolas, on reprochait surtout à La Gourdan d’avoir dévoyé des femmes de bonne famille et d’avoir abrité des amours illicites. Elle est reconnue coupable d'avoir favorisé la débauche de Mme d’Oppy, épouse du grand bailli d’épée de Douai, faute très grave car elle touche à l'intégrité des familles. Un arrêt de prise de corps est rendu le 6 novembre 1775 par la chambre de la Tournelle. La Gourdan s’enfuit.

À cette occasion, Pidansat de Mairobert rappelle, dans L'Espion anglais, ses "mérites" :

Cette femme était surtout essentielle aux étrangers […]. Ce qui la rendait précieuse entre ses semblables, c’était son art de s’insinuer chez les femmes comme il faut, de gagner leur confiance et de les rendre dociles aux propositions qu’elle leur faisait. Vous sentez qu’il fallait qu’elles fussent proportionnées à l’objet désiré ; car enfin, de l’aveu même d’une reine, il n’est point de personne du sexe qui ne puisse s’acheter ; il ne s’agit que du prix. C’est un talent tel qui lui avait procuré la connaissance des princes, des évêques, des magistrats, et qui la fait regretter de tant d’illustres personnages. 

La Gourdan se constitue prisonnière en août de l’année suivante mais, défendue par les grands noms de la noblesse française, elle est libérée et ouvre à nouveau son établissement. Cependant, d’autres avaient profité de sa fuite et la clientèle ne fut plus la même. En mai 1778, La Gourdan est déclarée en faillite. Jamais plus sa maison ne retrouvera le lustre des années 1773-1775. Elle meurt rue Saint-Sauveur le 28 novembre 1783.

Grégoire

C'est l'un des garçons d’écurie du vicomte de Trabard dans l’Année du volcan. Grand garçon hirsute, il est pourvu d’une chevelure rousse.

Grémillon ou Gremillon (Baptiste)

Sergent de la compagnie des archets du guet, Baptiste Grémillon apparaît dans Le Cadavre anglais. C'est sa patrouille qui a découvert le corps de François Saül Peilly – l’horloger anglais – au pied de la forteresse prison de Fort-l’Evêque. On le retrouve dans le roman suivant, Le Noyé du Grand Canal, à la tête d'une compagnie du guet dans le quartier du Louvre. Passant près de la Samaritaine, il reconnaît Nicolas, à qui il se présente cette fois comme étant « Jean-Baptiste Grémillon ». Frappé par son « air de sincérité » et son « ouverture », Nicolas lui demande son aide pour élucider le meurtre qui a eu lieu dans la Samaritaine. Dans L’Honneur de Sartine, Gremillon est devenu un personnage récurrent, bien qu'il ait perdu l'accent aigu de son nom. En 1780, il est sergent dans la compagnie du guet du quartier du Pont-Neuf. Nicolas fait alors appel à lui pour retrouver Naganda enlevé et, Bourdeau lui-même, pourtant très jaloux à l'égard de ceux qui approchent Nicolas, est conquis par sa gentillesse.

En 1780, le sergent approche de la trentaine. Sa famille, originaire de Lorraine, est parisienne depuis deux générations. Sa mère est morte mais son père, graveur sur pierres fines – surtout les camées –, vit rue du Temple. Nicolas remarque « ses cheveux naturels châtain foncé [qui] encadr[ent] un visage ouvert, éclairé par des yeux gris rieurs », son teint hâlé et sa silhouette un peu lourde mais « non dénuée de cette allure qui fonde les séductions naturelles ». Le commissaire Le Floch est donc non seulement séduit par sa franchise et son intelligence, mais aussi par un aspect physique qui le rend apte à s'imposer sans user de la force. Or, las des aléas et des servitudes du guet, Gremillon veut travailler dans la police : Nicolas, qui veut renforcer son équipe, décide donc – avec l'accord de son adjoint – de l'y intégrer définitivement.

Dans L’Enquête russe, Gremillon est intégré à l’équipe de Nicolas et seconde Bourdeau :

« Nicolas appréciait chaque jour davantage la présence et l’intelligence de Gremillon. Bourdeau avec ses manières bougonnes avait dès l’abord adopté le sergent, le faisant profiter de son expérience. Avec Rabouine, ils formaient désormais un quatuor dont nulle fausse note ne troublait l’harmonie. »

Dans l’équipe, il fait preuve de beaucoup de sens pratique, construisant un escalier avec des clous de charpentier leur permettant d’escalader le mur d’enceinte d’une maison de Meudon.

Guillemette (Émeline)

Emeline Guillemette est, dans L’Année du Volcan, une prostituée de la maison de passe de la Bourdeille. C’est une brunette très jolie avec laquelle Decroix a dit avoir passé une partie de la nuit du 13 au 14 juillet 1783 et avec qui il a depuis longtemps ses habitudes.